"C'est
en
vérité un lieu admirable, et j'avais de la peine
à
détacher mes regards de cette mer blanchissante
d'écume, d'où sortent , çà
et
là, des t^tes verdâtres d'une multitude
de rochers,
aux formes fantastiques. Ce coin de terre semble exceptionnel. J'y
voyais avec surprise prospérer des arbres du Midi de la
France .
Oubliant leur soleil natal, des myrtes, des muriers, des
figuiers
gigantesques couvraient la plage, laissant presque tomber leurs fruits
dans les flots."
Note d'un voyage dans l'Ouest de la France 1815
Ernest RENAN (1823-1892)
Quelques aphorismes du Maître "La vie,
une minute entre deux éternités" "La bêtise humaine est la seule
chose qui donne une idée de l'infini." "Les vrais hommes de progrès
sont ceux qui ont pour point de départ un respect profond du passé" "Qu'est-ce
qu'une nation?" Un texte étonnant par sa modernité,
à lire absolument...
Théodore
BOTREL (1868-1923) Chansonnier
Auteur de "la Paimpolaise"
Debout devant la
mer traîtresse
Humble
calvaire de Bréhat
Combien
de bateaux en
détresse
As-tu
bénis, sauvés
déjà ! ........................................................................................................................[
HAUT]
Charles
Le GOFFIC (1863-1932) Romancier, historien,
historien de la
littérature, poète et critique
littéraire
Né
à Lannion, le 14 juillet 1863. Charles
Le Goffic hérita tôt de son
père, libraire imprimeur, le goût des lettres.
Ayant
obtenu son agrégation, il entreprit d’abord une
carrière dans l’enseignement, en poste
successivement
à Gap, à Évreux, à Nevers,
puis au Havre.
En
1886, il fonda avec Maurice Barrès
une revue littéraire, Les Chroniques, puis fit publier
plusieurs
recueils de poésie et des romans. On lui doit enfin quelques
pièces de théâtre, et quelques
études
critiques sur Racine, La Versification et la Littérature du
XIXe
siècle, et sur Les Poètes de la mer.
Amoureux
de sa Bretagne natale, Charles Le
Goffic la célébra à travers toute son
œuvre.
Il
fut élu à l’Académie
française le 22 mai 1930.Henry Bordeaux, qui le
reçut le
4 juin 1931, l’accueillit par ses mots : « Toute la
Bretagne veut entrer ici avec vous ». Charles
Le Goffic devait mourir de son succès : le
vieil homme, fatigué par ses nouvelles obligations
officielles,
ne devait survivre en effet que quelques mois à sa
réception officielle.
LES
PEUPLIERS DE KERANROUX
Le soir a tendu de
sa brume Les
peupliers de
Kéranroux. La
première étoile
s’allume ; Viens-t-en
voir les peupliers
roux.
Fouettés des
vents, battus des grêles Et
toujours sveltes cependant, Ils
lèvent leurs colonnes
grêles Sur
le fond gris de
l’Occident.
Et dans ces brumes
vespérales Les
longs et minces peupliers Font
rêver à des
cathédrales Qui
n’auraient plus que
leurs piliers. ........................................................................................................................[
HAUT]
Louis
GUILLAUME (1907-1971)
Né
en 1907 à Paris, il passe une grande partie de son enfance
à Bréhat, qu'il l'inspirera. Il devient
instituteur puis
professeur à Paris. L'amitié avec Max Jacob et la
découverte des textes de Gaston Bachelard L'eau et les
rêves et L'âme romantique et les rêves
d'Albert
Béguin marqueront son parcours poétique,
imprégné d'onirisme. Sa poésie, cette
voix douce
et secrète évoque l'éternel
à travers une
approche sensible des éléments et une
réalité revisitée par les songes. Le
prix Louis
Guillaume est le prix de la poésie en prose. Une association
Les
amis de Louis Guillaume contribue fortement depuis 1973 à
connaître l'œuvre du poète.
"LA FEE"
Une
fée légère Tourne
au coin du feu Un
rouet de verre Un,
deux J'entends
le tic-tac De
l'horloge battre Une
chaise craque Trois,
quatre La
chatte se glisse Sous
mon édredon Et
fait son ronron Cinq,
six J'écoute
la fuite Des
souris qui trottent En
petites bottes Sept,
huit Alors
la fée se
lève Sa
baguette lisse Venez
jolis rêves Neuf
dix. Bibliographie
:
Sônes
d'armor, éd. Gloria, 1928 Chaumière, Seghers, 1951 La nuit parle, Subervie, Prix Antonin
Artaud, 1961 La hache du silence, Rougerie,
1971 Agenda, L'arbre à Paroles,
1996 ........................................................................................................................[
HAUT]
Heather DOHOLLAU (1925)
Née
en 1925 au Pays de Galles, vit en Bretagne
(l'île de Bréhat et Saint-Brieuc) depuis 1951.
Elle a
publié des recueils de poésie aux
éditions Folle
Avoine, un ouvrage sur Rilke "Les cinq jardins et autres textes" en
1996 où il est question aussi de Victor Segalen et de Pierre
Jean Jouve.
Elle a été traduit en anglais, italien,
allemand, polonais et arabe.
"Habiter ici, c'est vivre
dans la
permanence d'un désir
jamais satisfait et toujours comblé"
LA MAISON DE LA VIE
Je
cherchais le réel Hors
la fuite des heures Les
lieux du mirage Mais
ce fut le cercle Instable
du présent Qui
livrait le monde Ce
fruit de l'air Il
suffisait de se
retourner Et
de regarder comme dans un
berceau Le
vide ourlé du temps De
se pencher sur la blancheur Et
de croire aux couleurs A
la mer réelle des
marées A
la vie de la mort ...
Quelle
maison est la mienne? Une
qui m'attend derrière
le mur du jour Ou
loin en arrière au
coeur d'une rue Dans
une ville autre et la
même Ou
celle dont chaque instant est
le seuil Ces
fleurs là-bas sur une
table Dans
un bruissement de porte
bibliographie:
Aux éditions Folle Avoine :
La venelle des portes, 1981
Matière de lumière, 1985
L'adret du jour, 1989
Pages aquarellées, 1989
Les portes d'en bas, 1992
La terre âgée , 1996
Le point de rosée, 1999
Le dit des couleurs, 2002