Le petit musée bréhatin
Le coin des poètes et écrivains
qui ont séjourné à Bréhat



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Ernest RENAN
Edmond HARAUCOURT
Théodore BOTREL
Charles Le GOFFIC
Louis GUILLAUME
Heather DOHOLLAU


Prosper MERIMEE (1803-1870)


"C'est en vérité un lieu admirable, et j'avais de la peine à détacher  mes regards de cette mer blanchissante d'écume, d'où sortent , çà et là,  des t^tes verdâtres d'une multitude de rochers, aux formes fantastiques. Ce coin de terre semble exceptionnel. J'y voyais avec surprise prospérer des arbres du Midi de la France . Oubliant leur soleil natal, des myrtes, des  muriers, des figuiers gigantesques couvraient la plage, laissant presque tomber leurs fruits dans les flots."

Note d'un voyage dans l'Ouest de la France

1815


Ernest RENAN (1823-1892)


Quelques aphorismes du Maître
"La vie, une minute entre deux éternités"
"La bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l'infini."
"Les vrais hommes de progrès sont ceux qui ont pour point de départ un respect profond du passé"

"Qu'est-ce qu'une nation?"
Un texte étonnant par sa modernité, à lire absolument...

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Edmond HARAUCOURT (1857-1941)



" RONDEL DE L'ADIEU "

 Partir c'est mourir un peu,
 C'est mourir à ce que l'on aime :
 On laisse un peu de soi-même
 En toute heure et dans tout lieu.

 C'est toujours le deuil d'un voeu,
 Le dernier vers d'un poème ;
 Partir, c'est mourir à ce que l'on aime.

 Et l'on part et c'est un jeu
 Et jusqu'à l'adieu suprème
 C'est son âme que l'on sème,
 Que l'on sème en chaque adieu :
 Partir, c'est mourir un peu.

Un poème érotique d'Edmond Haraucourt

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Théodore BOTREL (1868-1923)
Chansonnier
Auteur de "la Paimpolaise"




Debout devant la mer traîtresse
Humble calvaire de Bréhat
Combien de bateaux en détresse
As-tu bénis, sauvés déjà !


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Charles Le GOFFIC (1863-1932)
Romancier, historien, historien de la littérature, poète et critique littéraire


Né à Lannion, le 14 juillet 1863.  Charles Le Goffic hérita tôt de son père, libraire imprimeur, le goût des lettres. Ayant obtenu son agrégation, il entreprit d’abord une carrière dans l’enseignement, en poste successivement à Gap, à Évreux, à Nevers, puis au Havre.

En 1886, il fonda avec Maurice Barrès une revue littéraire, Les Chroniques, puis fit publier plusieurs recueils de poésie et des romans. On lui doit enfin quelques pièces de théâtre, et quelques études critiques sur Racine, La Versification et la Littérature du XIXe siècle, et sur Les Poètes de la mer.

Amoureux de sa Bretagne natale, Charles Le Goffic la célébra à travers toute son œuvre. Il fut élu à l’Académie française le 22 mai 1930.Henry Bordeaux, qui le reçut le 4 juin 1931, l’accueillit par ses mots : « Toute la Bretagne veut entrer ici avec vous ». Charles Le Goffic devait mourir de son succès : le vieil homme, fatigué par ses nouvelles obligations officielles, ne devait survivre en effet que quelques mois à sa réception officielle.


LES PEUPLIERS DE KERANROUX
 

Le soir a tendu de sa brume
Les peupliers de Kéranroux.
La première étoile s’allume ;
Viens-t-en voir les peupliers roux.

  Fouettés des vents, battus des grêles
Et toujours sveltes cependant,
Ils lèvent leurs colonnes grêles
Sur le fond gris de l’Occident.

  Et dans ces brumes vespérales
Les longs et minces peupliers
Font rêver à des cathédrales
Qui n’auraient plus que leurs piliers.

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Louis GUILLAUME (1907-1971)



Né en 1907 à Paris, il passe une grande partie de son enfance à Bréhat, qu'il l'inspirera. Il devient instituteur puis professeur à Paris. L'amitié avec Max Jacob et la découverte des textes de Gaston Bachelard L'eau et les rêves et L'âme romantique et les rêves d'Albert Béguin marqueront son parcours poétique, imprégné d'onirisme. Sa poésie, cette voix douce et secrète évoque l'éternel à travers une approche sensible des éléments et une réalité revisitée par les songes. Le prix Louis Guillaume est le prix de la poésie en prose. Une association Les amis de Louis Guillaume contribue fortement depuis 1973 à connaître l'œuvre du poète.

"LA FEE"

 
Une fée légère
Tourne au coin du feu
Un rouet de verre
Un, deux
J'entends le tic-tac
De l'horloge battre
Une chaise craque
Trois, quatre
La chatte se glisse
Sous mon édredon
Et fait son ronron
Cinq, six
J'écoute la fuite
Des souris qui trottent
En petites bottes
Sept, huit
Alors la fée se lève
Sa baguette lisse
Venez jolis rêves
Neuf dix.

Bibliographie :

 Sônes d'armor, éd. Gloria, 1928
 Chaumière, Seghers, 1951
 La nuit parle, Subervie, Prix Antonin Artaud, 1961
 La hache du silence, Rougerie, 1971
 Agenda, L'arbre à Paroles, 1996
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Heather DOHOLLAU (1925)


Née en 1925 au Pays de Galles, vit en Bretagne (l'île de Bréhat et Saint-Brieuc) depuis 1951. Elle a publié des recueils de poésie aux éditions Folle Avoine, un ouvrage sur Rilke "Les cinq jardins et autres textes" en 1996 où il est question aussi de Victor Segalen et de Pierre Jean Jouve. Elle a été traduit en anglais, italien, allemand, polonais et arabe.

"Habiter ici, c'est vivre dans la permanence d'un désir
 jamais satisfait et toujours comblé"


LA MAISON DE LA VIE



 Je cherchais le réel
Hors la fuite des heures
Les lieux du mirage
Mais ce fut le cercle
Instable du présent
Qui livrait le monde
 Ce fruit de l'air
 Il suffisait de se retourner
Et de regarder comme dans un berceau
Le vide ourlé du temps
De se pencher sur la blancheur
Et de croire aux couleurs
A la mer réelle des marées
A la vie de la mort
 ...

Quelle maison est la mienne?
Une qui m'attend derrière le mur du jour
Ou loin en arrière au coeur d'une rue
Dans une ville autre et la même
Ou celle dont chaque instant est le seuil
Ces fleurs là-bas sur une table
Dans un bruissement de porte

bibliographie:

 
 
Aux éditions Folle Avoine :
 La venelle des portes, 1981
 Matière de lumière, 1985
 L'adret du jour, 1989
 Pages aquarellées, 1989
 Les portes d'en bas, 1992
La terre âgée , 1996
 Le point de rosée, 1999
 Le dit des couleurs, 2002


 
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