Arcouest
Bourg
Brocante G. Mével
Camping
Chaise de Renan
Chapelle Kéranroux
Chapelle Saint-Michel
Chemins de l'île
Corderie (port de la)
Croix de Maudez
Ferlès
Ile Lavrec
Ile Logodec
Kerpont
Maisons de charme
Moulin du Birlot
Moulin île Nord
Moulin île Sud
Palmiers
Phare du Paon
Phare du Rosédo
Plage du Guerzido
Pont Vauban
Port-Clos
Sémaphore
Tour Blanche
Verreries et citadelle
Vedettes d'aujourd'hui
Vedettes d'autrefois
Végétation de l'île



Mesure audience

L'essentiel des textes qui suivent proviennent des Archives Départementales de Saint-Brieuc. Certains, d'apparence ressemblants, s'avèrent être complémentaires. Pour que l'appétit des plus curieux soit satisfait…
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.....Recherches réalisées en coopération avec Martine Cavalec
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... ILE DE BREHAT (doc 1)
Historique
.....Abri sous Roche
.....Abri sous Roche Préhistorique
.....Kervarabès
.Croix Mérovingienne
.....Vestiges de la chapelle Saint-Riom
.....Moulin du Nord
.....Moulin de Krec'h-Tarek
.....Linteau
.Moulin à marée du Birlot
.....Pont Ar-Prat
.....Croix de Kerano
.Eglise Notre-Dame ( Chœur, Pierres
.....Tombales, Maquette de bateau
.....Vierge au Rosaire)
.Maison du corsaire Corouge
.....Maison Cornic
.....Socle de Croix
.....Guérite et batterie
.....Poudrière
.....Chapelle Saint-Michel
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18-

Croix de Modez
....Chapelle de Keranroux
....EX-VOTO

Fort
....Abri du canot du sauvetage
....Phare

....ILE DE BREHAT (doc 2)
Généralités
Les édifices
L'île et les îlots
Classement de site
Succession des principaux évènements
Les personnages célèbres

....ISLE DE BREHAT (doc 3)
Généralités

Quelques mots d'histoire.
Au Moyen Age
L' époque du roi Louis XIII
....Sous le règne de Louis XIV
....Sous Louis XV
La Révolution

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La guerre de 1914-1918..
....Celle de 1939-1945

Le Bréhat d'aujourd'hui
....L'île Lavret
Le paléolithique de l'île de Bréhat
.....Marées et courants
Historique
Eclairage et balisage
Commerce
....Bibliographie
L'homme de néandertal dans la région de ....Paimpol

.... LES PREMIERS SIECLES ....DE BREHAT
Préhistoire
Période Romaine
Moyen-Age

..." Le Mystère" Khan

Une affaire d'espionnage à Bréhat
 

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situé entre le plateau de la Horaine et celui de Barnouic. Deux faisceaux rouges partent à cet effet du phare : le premier, compris entre deux lignes dirigées, l'une à l'Est, l'autre sur le fanal du Paon, au N. E. de Bréhat, couvre la Horaine et les écueils voisins ; le second, correspondant à un secteur de 19° et varié par des éclipses, couvre le plateau de Barnouic. On est donc assuré de ne pas tomber sur un des deux dangers, tant que le feu des Héaux paraît blanc.
Le phare des Héaux est situé par 48°54'33'' de latitude Nord et par 5°2542644 de longitude Ouest.
Un des écueils les plus à redouter dans les environs de Bréhat, celui de la Horaine, présentait de grandes difficultés à l'établissement et au maintien d'un balisage direct. Plusieurs balises en bois et en fer, qu'on était parvenu à y installer en s'exposant aux plus grands périls, avaient été successivement emportées par la violence de la mer. On prit enfin le parti de le signaler au moyen de deux feux à construire sur l'île de Bréhat, et placés de façon à déterminer une ligne passant par l'écueil.
Un projet dressé à cet effet fut approuvé en 1855 ; mais c'est seulement en 1858 qu'un crédit fut alloué pour procéder à son exécution. Les travaux, dirigés par MM. Dujardin, ingénieur en chef, et de la Tribonnière, ingénieur ordinaire, étaient terminés en 1860, et les feux furent allumés le 1er août de cette année.
Ils sont installés au sommet de tourelles carrées auxquelles des corps de logis sont attenants.
Le feu le plus voisin de l'écueil est construit à l'extrémité N. E. de l'île de Bréhat, sur une pointe qui porte le nom de Paon, et qui présente les plus beaux rochers de l'île. La Horaine se trouve à 3 milles environ au N. 59°15'E. de ce fanal.
Le second feu est distant de 1,610 mètres du précédent et est établi sur le petit tertre du Rosédo.
Les deux feux sont fixes rouges ; celui du Paon est muni d'un appareil dioptrique éclairant les trois quarts de l'horizon ; celui du Rosédo est à réflecteur parabolique et n'éclaire que dans un espace angulaire de 16° environ de chaque côté de la direction passant par la Horaine.
La dépense de construction des deux fanaux s'est élevée à 26,000 francs.
Ainsi qu'on l'a déjà mentionné dans la notice du port de Paimpol, le feu de Paon doit prochainement être modifié de manière à signaler, au moyen d'un faisceau blanc, la partie saine du chenal de Bréhat. En se tenant dans les limites de ce faisceau, les navigateurs venant du large arriveront, sans rencontrer de dangers, jusqu'en face du feu en construction à Portz-Don, dans la baie de Paimpol.
Peu d'années après, en 1865, on entreprit l'éclairage du grand chenal d'entrée du Trieux, au moyen de deux feux, qui furent établis, l'un sur la roche la Croix, l'autre sur les hauteurs de Bodic. Ils furent allumés en 1867, et furent bientôt suivis de deux autres feux destinés à baliser la passe intérieure de la rivière. Les détails relatifs à cet éclairage trouveront naturellement leur place dans la notice sur les ports et la navigation du Trieux.
L'usage des bateaux à vapeur avait singulièrement simplifié la construction des ouvrages en mer. L'établissement d'en phare sur le plateau des Roches-Douvres ne devait plus être considéré comme impossible, et M. le ministre décidait, en 1862, conformément à l'avis de la commission des phares, qu'il serait construit sur ce plateau un feu de grand atterrage, auquel on donnerait le caractère des feux scintillants, c'est-à-dire à éclats se succédant à de très courts intervalles.
Les chambres de commerce de Granville, de Saint-MALO ET DE Saint-Brieuc, ainsi que les armateurs de Paimpol, de Portrieux et de Binic, avaient à plusieurs reprises demandé cet éclairage, dont l'utilité avait été du reste constatée, en 1825, dans le rapport contenant l'exposition du système adopté par la commission des phares pour éclairer les côtes de France.
Après quelques hésitations sur le genre de construction qu'il convenait de choisir, on s'arrêta au projet d'un phare en fer et tôle, semblable à celui qui venait d'être construit à Paris pour être envoyé dans la Nouvelle-Calédonie. Un décret du 3 mai 1865 en autorisa la construction, et fixa le montant de la dépense à 560,000 francs, non compris l'appareil d'éclairage. On s'occupa immédiatement à Paris de faire exécuter la tour métallique du phare, qui fut montée sur le Champ-de-Mars et figura à l'Exposition universelle de 1867. Les divers pièces, démontées, furent transportées à Bréhat dans les premiers mois de l'année 1868. Elles furent de là portées, suivant leur ordre de pose, sur le rocher où l'on avait préparé, pour recevoir la tour, un soubassement en maçonnerie de ciment de Portland, s'élevant à 2,80 mètres au-dessus du niveau les plus hautes mers. On avait ménagé dans ce massif les vides nécessaires pour les scellements des montants du phare, vides qui ont été remplis avec du béton. Les transports ont été faits par un des bateaux à vapeur de l'Administration attachés au service du balisage. La grande distance et la violence des courants, que l'on prenait constamment en travers, les rendaient pénibles ; le débarquement des pièces sur le rocher présentait surtout des difficultés, dès que la mer était un peu grosse.
Le montage de la tour n'ayant pu être complètement terminé dans une campagne, on utilisa la partie faite à la fin de 1868 en installant à son sommet un feu provisoire, qui fut allumé le 15 décembre. Ce feu avait un appareil à réflecteurs et était scintillant, à éclipses de 5 en 5 secondes ; il fonctionna très bien.
La tour fut achevée dans les premiers mois de l'année suivante, et le feu définitif fut allumé le 6 août 1869. Il est scintillant, à éclipses de 4 n 4 secondes. Ses éclats sont très vifs, surtout depuis qu'il est, comme tous les autres phares, éclairé à l'huile minérale. Sa portée, pour un état ordinaire de l'atmosphère, atteint 25 milles 7, près de 48 kilomètres.
Le foyer est à une hauteur de 55 mètres au-dessus du niveau les plus hautes mers. L'appareil lenticulaire est remarquable ; il a été exécuté avec une rare perfection par M. Henry-Lepaute.
Une cloche est installée sur la galerie supérieure de la tour. Elle sonne d'une manière continue pendant les temps de brume, et ses coups sont espacés de trois secondes.
Seize grands montants, composés chacun de quinze panneaux sur la hauteur, constituent l'ossature de la construction métallique. Ces anneaux, formés de fers à simple T, sont boulonnés les uns sur les autres et sont maintenus dans leur position par des entretoises horizontales. Les feuilles de tôle de l'enveloppe sont boulonnées extérieurement sur les montants et les entretoises, qui sont mis ainsi à l'abri des embruns de mer.
Un escalier en fonte avec limons en fer occupe le centre de l'édifice. Les logements et les magasins sont distribués à la partie inférieure, qui présente à cet effet un renflement prononcé.
La tour métallique a 48,30 mètres de hauteur depuis son pied jusqu'au niveau de la plate-forme supérieure. Son diamètre est de 11,10 mètres à la base. Son poids s'élève à 305,000 kilogrammes.
Elle a été exécutée à Paris, dans les ateliers de M. Rigolet, d'après le projet et sous la direction de MM. Léonce Reynaud, inspecteur général, et Emile Allard, ingénieur en chef.. La dépense à laquelle elle a donné est d'environ 250,000 francs.
MM. Dujardin et Pelaud, ingénieurs en chef, de la Rribonnière, ingénieur ordinaire, et Bertin, conducteur principal, attaché au service central des phares, ont été chargés des travaux d'installation du phare sur le plateau des Roches-Douvres.
La dépense faite pour cet objet, et payée sans le département, a été de 225,100 francs.
A l'origine des travaux, on avait fait construire au Creusot deux hunes destinées à être montées aux Roches-Douvres, pour servir de logements aux ouvriers. Elles n'inspirèrent pas de confiance ; une seule fut installée sur le rocher, en 1868, et ne fut jamais habitée. Elle a parfaitement résisté, et est encore en place aujourd'hui. On l'utilise comme lieu de dépôt accessoire.
La tour du phare présente un assemblage de pièces métalliques qui, en raison de sa position au milieu de la me, exige des soins assidus. Aussi une des principales occupations des gardiens consiste-t-elle à visiter toutes les parties de l'édifice et à prendre les mesures nécessaires pour arrêter immédiatement tout commencement d'oxydation, quelque faible qu'il soit. Il est probable que, moyennant ces précautions, le phare des Roches-Douvres pourra avoir une longue durée.
La tour est peinte en blanc ; les couvre-joints, formés par des plates-bandes en fer, se détachent en gris.
Cette tour, sans présenter comme monument la valeur du phare des Héaux, a néanmoins une grande et gracieuse apparence, et on peut dire qu'avec ces deux édifices le département des Côtes-du-Nord possède les deux plus beaux types de phares.
Bien que l'utilité des travaux de balisage aux environs de Bréhat ait de tout temps été reconnue par les ingénieurs et les marins, ces travaux se bornaient, il y a une vingtaine d'années, à la pose d'un certain nombre de balises en bois, à quelques essais infructueux de balises en fer et à la construction de pyramides ou tourelles en maçonnerie sur la terre ferme ou sur des rochers élevés et facilement accostables.
Vers 1858, sous l'impulsion du directeur du service des phares, M. l'inspecteur général L. Reynaud, le balisage prit une importance inconnue jusqu'alors, et se développa au point de constituer une nouvelle branche de service recevant des allocations considérables.
Les abords de Bréhat, où les écueils se montraient si nombreux, devaient profiter tout particulièrement de ce progrès.
On planta de nouvelles balises en bois partout où le besoin s'en faisait sentir.
De plus, on remplaça toutes celles de ces balises dont l'importance le réclamait par des tourelles en maçonnerie, que l'usage du ciment de Portland, récemment introduit, permettait d'établir avec plus d'économie que précédemment. Le nombre de ces tourelles construites depuis 1859 aux abords de l'île de Bréhat, en y comprenant le grand chenal de l'entrée du Trieux jusqu'à l'île à Bois, s'élève à quinze. Quelques-unes ont présenté d'assez grandes difficultés d'exécution, notamment celle de Pen-Azen, à l'entrée Nord du Raz de Bréhat et le long de la grande passe de l'entrée du Trieux.
Une bouée en tôle, à cloche et à miroir, conforme au nouveau modèle adopté en remplacement des anciennes bouées en bois de petites dimensions, fut mouillée en 1867 près du dangereux plateau des Sirlots, situ au Nord de l'île.
Enfin on perfectionna les amers indiquant la direction des passes. Ainsi on a remplacé très avantageusement un grand mur, que l'on avait élevé sur les hauteurs de la commune de Plouha pour déterminer, avec la tourelle dite la Cormarandière, la ligne à suivre dans le Raz de Bréhat, par une demi-tour qui, en se détachant sur les terres, est toujours visible et remplit parfaitement son but. Une construction semblable a été établie à la pointe de l'Arcouest à l'effet de préciser la passe du Kerpint.
Ces divers travaux ont donné lieu à une dépense d'environ 180,000 francs. Ils ont été exécutés, M. l'inspecteur général Reynaud étant directeur du service des phares et balises, sous la direction immédiate de MM. Dujardin, ingénieur en chef, et de la Tribonnière, ingénieur ordinaire.
Ils forment dans leur ensemble un système complet de balisage qui permet aux navigateurs de circuler, de jour, dans les parages de Bréhat, avec autant de sécurité que sur tout autre point du littoral.
La Société centrale de sauvetage des naufragés a choisi Bréhat comme lieu de stationnement d'une de ses embarcations.
Elle est placée au Nord de l'entrée du havre de la Corderie, dans une cabane-abri construite en 1869, sur le projet de MM. Dujardin et de la Tribonnière.

Commerce
Le commerce de Bréhat est peu considérable : il est représenté en moyenne par 630 tonnes à l'importation et 730 tonnes à l'exportation.
L'île reçoit des matériaux de construction et des denrées alimentaires, parmi lesquelles il est à remarquer que les blés et farines entrent dans une certaine proportion. Elle exporte des pomme de terre, des pierres, généralement sous la forme de pavés d'échantillon, et des cendres de goémon. Les pomme de terre de Bréhat sont très recherchées, et, quand l'année est favorable, le chiffre des exportations dépasse de beaucoup celui qui a été indiqué ci-dessus.
C'est ainsi qu'en 1876 il s'est élevé à 1,928 tonneaux. On constate de reste que depuis quelques années le mouvement des marchandises accuse une augmentation très sensible.
Le nombre des navires qui fréquentent les ports de l'île est en général de 95 par an. Leur tonnage moyen est de 10tonneaux seulement.
Il a existé pendant assez longtemps à Bréhat des ateliers pour la salaison du maquereau. Ils ont cessé de fonctionner vers 1835, époque à laquelle les marins de Dieppe et de Fécamp réussirent à pêcher ce poisson au filet, tandis qu'on ne le prenait qu'à la ligne en Bretagne. Cette industrie était du reste peu profitable aux habitants : elle était en effet exercée par des Normands qui venaient s'établir dans l'île pendant la saison d'été, et qui salaient eux-mêmes le poisson. D'un autre côté, la pêche était faite exclusivement par les bateaux de Plouézec, qui apportaient à Bréhat le maquereau qu'ils avaient pris.
On a fait autrefois à Bréhat quelques armements pour la pêche de la morue sur le banc de Terre-Neuve. Ils avaient peu d'importance.

Bibliographie
Histoire de Bretagne, par dom Morice.
Dictionnaire de Bretagne, par Ogée.
Littoral des Côtes-du-Nord, par Habasque.
Les Côtes-du-Nord, par Jollivet.
Annales armoricaines, par Le Maoüt.
Géographie des Côtes-du-Nord, par MM. Gautier du Mottay et Rousselot.
Portulan des côtes de la Manche, par M. Moulac, capitaine de vaisseau. 1855.
Mémoire sur l'éclairage et le balisage des côtes de France, par M. Léonce Reynaud, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur du service des phares et balises. 1864.
Pilote de la Manche, par M. Thomassin, capitaine de frégate. 1875.
Archives des Côtes-du-Nord et bureaux des ponts et chaussées.

L'homme de néandertal dans la région de Paimpol
Entre 110 000 ans et 35 000 ans avant J.C. de petites colonies d'hommes de Néandertal ont vécu sur les bords du Trieux, dans l'Archipel bréhatin et sur les rivages de la baie de Paimpol. Qui étaient-ils ?
Aujourd'hui nous n'avons d'eux que quelques outils de pierres glanés dur les grèves par les jeunes du club local de Préhistoire et par des amateurs sous la surveillance notamment le M. Jean-Laurent Monnier dont nous reproduisons ici quelques dessins portant sur les industries des principaux sites de la sone délimitée par le sillon du Talberg et Pors-Lazo.
Heureusement, sans d'autres régions de France et d'Europe, d'autres sites ont donné des résultats tels que nous pouvons nous faire une image de ces humains (Homo-Sapiens Néandertalensis) qui vivaient à l'abri de nos escarpements côtiers.
L'homme de Néandertal était un homme différent de l'homme actuel (Homo-Sapiens). Nous pouvons sans trop nous tromper l'imaginer vêtu de peaux de bêtes et vivant fréquemment à l'entrée d'une grotte ou dans un abri sous roche tel que celui du Goaréva à Bréhat, que nous reproduisons en page suivante.
Avec son front fuyant et ses larges mâchoires nous serions tentés d'en faire un être brutal, voire bestial et méchant mais, plus nous ferons connaissance, plus nous verrons en lui celui qui a préparé l'avènement de l'Homme de Cromagnon et par conséquent l'homme d'aujourd'hui.
De loin, sa silhouette est la même que la nôtre. Corporellement, il est seulement un peu plus trapu avec des membres plutôt courts et musclés. Son visage laisse cependant apparaître quelques différences importantes. A cause d'une boite crânienne surbaissée, il a gardé un aspect " primitif " (front fuyant). Ses yeux sont surmontés de bourrelets orbitaires et sa dentition peut-être caractérisée de " forte ". Par contre sa capacité cérébrale lui permet d'avoir un cerveau dépassant la moyenne des hommes actuels (1 600 cm3 pour 1 500 aujourd'hui).

 

En fait il est probable que l'accès de Bréhat à pied
sec était possible, ce qui implique, pour le rivage de l'époque, une position au-delà de l'isobathe des 10 mètres. L'archipel bréhatin n'était donc qu'un ensemble de buttes rocheuses. Le Goaréva était sans doute un lieu d'habitat et d'observation privilégié, à proximité de la grande vallée du Trieux dont la partie basse est actuellement ennoyée. Des points d'eau, peut-être même un écoulement, devraient exister tout près, à la place de l'actuel chenal du Kerpont.
La dépression naturelle a pu faciliter la construction d'une cabane adossée contre la paroi de granite. Les observations, faites en cours de fouille, laissent
penser que les hommes avaient creusé le remplissage limoneux, afin d'aménager leur habitat.
(D'après Jean Laurent Monnier)

 
coupe schématique de l'abri du Goaréva, montrant
la dépression et le surplomb. 1 : granite, 2 : dolérite,
3 : limon (couche archéologique), 4 : plage actuelle
(sable et galets). Le trait horizontal indique le niveau
des plus hautes mers.
 

Cette structure du visage, à laquelle il faut ajouter des orbites grandes et rondes et un occiput aplati est cependant variée chez les paléanthropiens dont les Hommes de Néandertal forment le groupe le plus important. Le passage vers les Néanthropiens (cro-magnon) se fera par une atténuation nette et rapide des bourrelets orbitaux permettant le développement du front. En même temps, l'occiput se bombera, les orbites deviendront rectangulaires et la mâchoire prendra la forme de celle de l'Homme actuel.
Son niveau intellectuel était donc supérieur à celui qu'on a bien voulu lui accorder jusqu'à maintenant. C'était un chasseur de cerfs, de bœufs et de chevaux notamment. Il débitait sur place les animaux tués, emportant les membres et la tête dans sa grotte et laissant la carcasse sur place. Là, il consommait tout et brisait les os pour en extraire la moelle. Les restes étaient négligemment jetés le long des parois. Quand vint la dernière glaciation, il chassa aussi des rennes et des mammouths, des bouquetins et des chamois. Il cueillait et récoltait aussi tout ce qu'il pouvait.
Sa nourriture variait bien sûr au gré des saisons et il suivait parfois le gibier au cours de ses migrations. Nous savons cependant qu'en maints endroits il restait sédentaire.
L'Homme de Néandertal avait le contrôle du feu et l'utilisait régulièrement. Il savait vraisemblablement l'allumer en cas de besoin et creuser des foyers dans le sol des abris sous roches où il vivait. Ces abris étaient d'ailleurs clos avec des peaux tendues sur un treillage de rondins et de branchages. Hors des abris sous roches, il savait construire des abris en utilisant des poteaux et des peaux d'animaux : la base de ces sortes de huttes primitives était consolidée avec de gros os, des pierres et des défenses de mammouth. D'autres abris, en périodes plus clémentes étaient constitués tout simplement d'herbes et de branchages.
On trouve chez l'homme de Néandertal, les premiers signes d'un sens artistique et mystique. Même si pour l'instant les découvertes sont rares, on voit apparaître pour la première fois dans l'histoire de l'humanité les premières décorations. (dessins sur os, objets dépourvus de fin utilitaire, collection de beaux graviers de rivière, coquillages, amulettes…). On peut aussi souligner chez l'homme de Néandertal le début d'un sens social et d'un sentiment religieux : il enterrait ses morts, ce qui semble impliquer une prise de conscience d'une vie après la mort ou le souci de perpétuer le souvenir des anciens ou encore le besoin d'exprimer quelque chose d'important sur sa vie et son avenir.

    Industrie du Goaréva (Ile de Bréhat, Côtes d'Armor)  

Les outils, la nourriture et les fleurs placés auprès des morts, le soin apporté aux sépultures semblent nous indiquer que la mort était considérée comme une sorte de sommeil et que les défunts avaient un " voyage " à faire. Quelles interrogations sur la vie et sur son sens !
Il avait un langage assez riche et répondant à ses préoccupations : techniques et outillages plus compliqués, pensée plus fine et questions plus élaborées. Son cerveau permettait l'emploi du langage, mais était peut-être organisé différemment dans certains domaines. La forme de la mâchoire et des muscles donnent l'impression que les paroles devaient être plus frustres que dans l'humanité actuelle.
Quant à l'outillage dont il se servait, nous en avons des échantillons assez nombreux. La technique de taille du silex (ou du microgranite et du tuf volcanique) est celle de l'industrie Moustero-Levalloisienne (du nom de la grotte du Moustier en Dordogne et de Levallois-Perret près de Paris). Cette phase exprime qu'il se passe alors une révolution technique importante : L'Homme " joue " librement avec toutes les possibilités acquises au cours des périodes précédentes, il maîtrise la taille et a un sens technique digne d'un " bon menuisier qui choisit son bois, joue avec ses qualités et ses défauts, dose ses chocs et ses pressions, prévoit, corrige, coordonne tous ses gestes ".
Devant nombre de ces outils, on sent qu'il a aussi cherché à faire beaux. Les formes les plus belles sont aussi d'ailleurs les plus efficaces. Déjà, l'art a commencé son évolution. Ce sont ces outils que l'on retrouve aujourd'hui sur nos côtes bretonnes. Le silex y est rare et il fallait aller le chercher assez loin dans des cordons de silex aujourd'hui recouverts par la mer. Aussi l'homme qui vivait à l'Arcouest par exemple a surtout taillé dans le microgranite. Celui de la Trinité dans du tuf volcanique. Le silex est réservé aux pointes des armes. Les racloirs, les grattoirs et les premiers burins sont débités dans la matière première que l'on trouve sur place. L'outillage est très varié : bifaces, pointes, racloirs, gros grattoirs, burins et premiers couteaux à dos… Ces outils servaient surtout à dépecer les animaux, à travailler les peaux, à percer ces peaux et aussi au travail du bois. La plupart de ces outils sont découverts sur les lieux mêmes où ils sont été taillés et que l'on a coutume d'appeler des " Ateliers " qui se trouvaient à proximité du lieu d'habitation, voire même dans ce lieu.
A des dates différentes, l'homme de Néandertal a vécu soit à l'île Coalen à Lanmodez ou le long du Trieux au Lédano et à Loguivy, à l'île de Bréhat, à l'Arcouest, à la Trinité, à Kerroc'h, à la pointe de Guilben et à Pors-Lazo, pour ne citer que quelques-uns des sites les lus connus, car ils ont fait l'objet d'études approfondies par les Antiquités préhistoriques, le CRNS ou des amateurs éclairés.
Le lecteur pourra admirer des échantillons de ces différents sites néandertaliens au musée de préhistoire de Paimpol.
Quelques-uns de ces échantillons reproduits, nous l'avons dit, par M. J.L. Monnier, figurent aux pages 8 et 9.

Bibliographie : Jean-Laurent Monnier : " Le Paléolithique de la Bretagne dans son cadre géologique ". A. Leroi-Gourhan : " Les chasseurs de la Préhistoire ".
Musée de Préhistoire de Paimpol. Sur rendez-vous : tel M. Morvan 96.55.80.42 M. Roy 96.20.86.93. M. Moity 96.72.49.20.

LES PREMIERS SIECLES DE BREHAT
Tenter de retracer l'histoire de Bréhat ou plutôt de son archipel, des origines à la fin du Moyen-âge, surtout en quelques pages, tient de la gageure tant celle-ci est riche. Mais n'est-ce pas un trait commun aux îles que de posséder un passé sans commune mesure avec celui des territoires de même superficie situés sur le continent ?
Nous n'effectuons ici qu'un rapide résumé de ce qui a pu être publié sur l'archipel bréhatin.

Préhistoire
" L'île de Bréhat fut habitée dès les époques les plus reculées " pouvait-on lire, dès le début du siècle, dans les dépliants du syndicat d'initiative. La Société d'Emulation des Côtes du Nord avait en effet signalé à la fin du siècle dernier deux dolmens, difficiles à situer de nos jours, sur les îlots de Séhères et Lavrec. Celui de Lavrec, qui était peut-être une petite allée couverte, fut fouillé en 1902, par un médecin parisien, le docteur Variot qui en a laissé la description suivante : " …la grande dalle monolithe de 3 m de largeur sur 2 m environ de hauteur, et les autres dalles granitiques , trois de chaque côté paraissaient donc limiter deux caveaux distincts séparés par une cloison pierre et pierre très bien conservée ". Le médecin fut déçu de ne pas y découvrir d'ossements humains et n'exclut pas la possibilité de fouilles antérieures. Le matériel lithique comprenait " trois silex bien taillés ; une flèche avec ardillon, un grattoir bien coupant et un autre silex taillé moins significatif ".
En ce début de siècle la presse locale signale un autre dolmen, près du Port-Clos cette fois-ci, mais sans donner d'autres précisions.
Les premières véritables fouilles préhistoriques n'eurent lieu à Bréhat que 70 ans plus tard.
Découvert en 1969 par P.R. Giot le site moustérien du Goaréva est " le plus typique de nos abris en pied de falaise marine ". Une hutte a pu être adossée contre la falaise, haute d'une douzaine de mètres et bien exposée. De nos jours à marée haute le sol de cet abri disparaît sous 4 m d'eau. Mais au moment de son occupation le niveau de la mer devait être beaucoup plus bas et Bréhat ne devait même pas être encore une île. Fouillé en 1973 par P.R. Giot et J.L. Monnier, ce site pourrait dater d'environ 40 000 ans. L'industrie se caractérise par une forte utilisation des roches locales, en particulier de la dolérite ( une roche éruptive sont un filon affleure - est-ce une coïncidence - non loin du site) et un indice levallois très faible. A noter, ce qui est rare pour la région, des traces d'os malheureusement non identifiables. Le site, selon J.L. Monnier a pu servir de " poste d'observation important pour surveiller le passage du gibier ".
Egalement découvert par P.R. Giot et fouillé par J.L. Monnier, le site de Plasenn al Lomm au nord de l'île est d'une toute autre nature mais tout aussi exceptionnel. C'est le premier site breton du paléolithique breton supérieur (-20 000 ans) qui ait permis l'étude de l'organisation d'un habitat. L'étendue fouillée comporte deux zones d'habitation. L'une, mal conservée, comportait probablement une cabane et une tente. Dans l'autre ont été découverts des structures de calage et peut-être des foyers. Contrairement au Goaréva l'industrie est essentiellement en silex. La forte proportion de burins montre qu'on y a beaucoup travaillé l'os. Le sol étant très avide aucune trace n'en a été découverte. Quelle était la destination du site ? Il semble qu'il ait été une " halte saisonnière " pour les chasseurs collecteurs de cette époque.
Si l'on ajoute à ces deux sites fouillés les trouvailles fortuites et les résultats des prospections systématiques sur les estrans de l'archipel (néolithique de Lavrec, biface de Bec an Amis…) sur lequel nous reviendrons ultérieurement, on constate que les traces d'activités humaines à Bréhat concernent la quasi-totalité des époques préhistoriques. L'existence d'un éperon barré de l'âge de fer à la pointe du Guerzido a même été parfois envisagée. Il faut d'ailleurs souligner que le littoral face à Bréhat (l'Arcouest…) est également très riche en vestiges préhistoriques.

Période Romaine
Sur l'île Lavrec la présence romaine est attestée pendant au moins 2 siècles, du début du IIIème siècle au début du V siècle. Un bâtiment, dont deux murs sont encore bien visible, avait été partiellement étudié en 1890-1891 par A. de la Borderie et un prêtre originaire de Bréhat d'abbé Lasbleis qui y avait vu un élément d'une villa gallo-romaine. Les fouilles récentes (de 1977 à 1984), dirigées par P.R. Giot ont montré qu'il existait un second petit bâtiment carré totalement arasé et permis de mieux connaître le grand bâtiment qui bénéficiait d'un système de chauffage et était couvert d'enduit peint. Elles ont mis à jour 150 monnaies, de nombreuses lampes à huile, de la verrerie et des poteries. Les datations par archéomagnétisme, corroborées par l'étude numismatique montrent que le bâtiment, construit au début du IIIème siècle, a fait l'objet de travaux dans la deuxième partie de celui-ci. Le site a pu être habité jusqu'aux premières décennies du IV siècle. La raison de cette présence romaine (militaire, agricole ou maritime) reste inexpliquée.
A notre connaissance la seule trace romaine sur l'île de Bréhat proprement dite est un morceau de sigilée découvert près de la Corderie.

Moyen-Age
De nombreuses îles de l'archipel de Bréhat, ou proches, gardent des traces d'établissements monastiques.
St Maudez s'installa sur l'île qui prit son nom au début du VI siècle. L'actuelle chapelle circulaire (diamètre intérieur 2,8 m) date peut-être en partie de cette époque. Du XIIème siècle jusqu'à la Révolution l'île fut un prieuré cistercien de Beauport.
Geslin de Bourgogne et A. de Barthélémy signalèrent en 1858 sur l'île Verte des vertiges d'un monastère du V ou VI siècle. Au XV siècle des franciscains fondèrent sur une île verte déserte un couvent qui devait durer jusqu'à la Révolution. En 1978 la Direction des antiquités historiques de Bretagne a effectué un relevé des vestiges encore visibles.
Sur l'île St Riom existe un prieuré, encore visible aujourd'hui, fondé à la fin du XIIème siècle.
C'est l'île Lavrec qui est indiscutablement la plus riche en vestiges de l'époque. Les fouilles de 1977-1984 ont montré des signes d'occupation (bâtiments, poteries, cimetière mérovingien et carolingien) depuis le V jusqu'au XIVème siècle. L'objet le plus intéressant est une petite pendeloque anthropomorphe en os (datée du VI- VIII siècle) dont deux exemplaires similaires ont ensuite été découverts à Lanmeur (Finistère). Mais les fouilles n'ont pas permis d'établir la présence à Lavrec, ainsi que l'écrit Gurdisten, d'un monastère fondé en 470 par St Budoc venant de Bretagne insulaire et où aurait été éduqué son disciple St Guénolé, le fondateur de l'abbaye de Landévennec. Les affirmations de A. de la Borderie, qui le premier situa l'insula laurea à Lavrec et non pas à l'île Verte ne sont donc pas confirmées par l'archéologie. En particulier les cellules monastiques qui étaient pour l'auteur de l'Histoire de Bretagne l'une preuves de cette présence se sont avérées postérieures au X siècle.
Au Moyen-Age, Bréhat est une châtellenie du comté de Penthièvre qui s'étendait de Lamballe à Guingamp.
Dès le XIV siècle, face à l'île Lavrec, au Gardeno, se dresse un château fort. En 1409 les Anglais appelés par Jean V, duc de Bretagne, en conflit avec la duchesse de Penthièvre débarquèrent à Bréhat. L'île fut pillée et incendiée et les habitants massacrés.
Ce ne fut pas la dernière fois…
Il faut souligner l'importance de certains îlots autour de Bréhat (Lavrec, Maudez, île Verte, St Riom) dont l'histoire de cette période est souvent mieux connue que celle de l'île principale.
On peut se demander d'autant plus pourquoi Béniguet- au nom pourtant évocateur- et qui possédait une chapelle (St Guénolé) et Logodec, îles de taille et situation comparables ne possèdent pas, elles aussi, de vestiges connus d'occupation au haut Moyen Age.
J.L. Le Pache


UNE AFFAIRE D'ESPIONNAGE A BREHAT.
" LE MYSTERE " KHAN
Les histoires d'espions ont toujours passionné l'opinion publique, qu'il s'agisse de films, de romans ou tout simplement d'histoire locale. En 1940, à la veille de l'invasion allemande, on voyait partout des agents de la " 5ème colonne " et autres parachutistes.
On se souvient encore, à Kérity, de cette maison située à l'orée des bois de Beauport et surmontée d'une grande terrasse avec vue sur le large (" La Chimère ") réputée être autrefois une " maison des espions ".
A Bréhat, il semble que les choses se soient passées de la même façon, mais, cette fois, comme nous allons le voir, les motifs de crédibilité sont infiniment plus sérieux.
Nous remercions la documentation permettant de faire le point sur " l'affaire Kahn ".
Au début des années 1900, on s'inquiétait, à Bréhat et ailleurs, des acquisitions foncières faites par un citoyen allemand, Monsieur Maximilien Kahn. Le problème avait été évoqué dans le journal " La Croix " et était remonté jusqu'au Président du Conseil, ministre de l'Intérieur (à l'époque Georges Clémenceau) qui avait jugé utile, en fin 1908, d'attirer l'attention de Préfet des Côtes du Nord sur le " sujet allemand qui s'était rendu propriétaire de terrains près de la citadelle de Bréhat, au Guerzido, à la Corderie et près du phare du Paon… "
Document reproduit dans le livre de Christian Bougeard " Des Côtes du Nord au Côtes d'Armor- Les hommes et la mer aux XIXè et XX siècles "
Si, dès octobre 1908, le Président du conseil s'inquiète des acquisitions de Max Kahn, c'est que celles-ci étaient à cette date assez importantes ; mais l'intéressé ne 'en tint pas là : on trouve en effet, entre 1910 et 1912, la trace d'autres achats dont certains actes ont été établis par Maître Bertho, notaire à Paimpol, et d'autres passés sous seing privé.
Le ménage Kahn avait son " quartier général " à Crec'h Simon non loin de la citadelle ; la maison avait été agrandie et transformée, prenant petit à petit l'aspect d'une forteresse avec sa tour carrée comportant des ouvertures sur les quatre côtés ; de là, on pouvait observer tout ce qui se passait sur l'île, sur la mer jusqu'à l'horizon et dans l'embouchure du Trieux. N'oublions pas qu'à cette époque, l'actuelle Ecole maritime et aquacole de base d'hydravions avait connu un début de réalisation (plan incliné) au Goaréva, sous la citadelle.
Les Kahn faisaient apparemment leur possible pour être bien vus de la population ; ils prenaient part à la vie sur l'île ; on se rappelle ainsi qu'ils distribuaient des bonbons aux enfants à la sortie de la grand'messe du dimanche, dont ils étaient les habitués. En dépit des doutes et des soupçons de la population et des autorités , la vie s'écoulait paisiblement à Bréhat.
Vint l'été 1914… La tante de notre ami paimpolais était liée avec la Receveuse des postes de l'île. Celle-ci racontait que dans la nuit précédant la déclaration de guerre (2au 3 août), un télégramme très urgent était arrivé pour Kahn. La postière était donc allée immédiatement le porter au destinataire ; le texte étant codé, elle n'avait pu en comprendre le sens.
(1) Marié à une française Marie (ou Thérèse-Cornélie, selon les documents) Pouzol ; le ménage avait un domicile parisien ou n° 85 de la rue Ampère dans le 17ème arrondissement ; s'agissait-il d'une résidence effective au tout simplement de l'adresse de leur homme de loi ?
Le 3 août, les gendarmes se présentaient à Crec'h Simon pour arrêter les époux Kahn, sujets allemands ; ils avaient disparu… Bien entendu, à Bréhat, les suppositions allèrent bon train ; celle qui avait le plus de crédit était qu'un sous-marin les attendait dans le Ferlas (1) et les avait emmenés en Allemagne.
Le 7 novembre 1914, tous les biens dépendant du patrimoine des époux Kahn furent mis sous séquestre, suite qu décret du 27 septembre relatif à l'interdiction des relations commerciales avec les pays ennemis.
Les années passèrent…
En exécution des dispositions du traité de Versailles (1919) une requête était présentée, en 1921, par le Président de la République au Président du Tribunal civil de la Seine en vue de la liquidation des biens ayant appartenu aux époux Kahn (2) ; qu'étaient-ils devenus ?… Un document officiel mentionne que la liquidation de leur patrimoine était réalisée à leur requête ce qui paraît en contradiction avec ce qui vient d'être dit (3).
Quoi qu'il en soit le Tribunal Civil de Paimpol désigna M. Jacqz, de Paris, liquidateur et M. Mouly, Receveur de l'Enregistrement à Paimpol, en qualité de liquidateur adjoint.
L'adjudication des 58 lots constituant le patrimoine des époux Kahn (4) eut lieu à l'hôtel de ville de Paimpol les 20, 21, 22 et 23 juillet 1922.
Curieusement, un antiquaire de Paris, M. Raymond, Gérard, Wilhem Hekking donna lieu à une " folle enchère " (5) sur les lots 29 et 41, situés à Crec'h Simon… Les immeubles en cause furent remis en vente le 26 mai 1923.

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