Arcouest
Bourg
Brocante G. Mével
Camping
Chaise de Renan
Chapelle Kéranroux
Chapelle Saint-Michel
Chemins de l'île
Corderie (port de la)
Croix de Maudez
Ferlès
Ile Lavrec
Ile Logodec
Kerpont
Maisons de charme
Moulin du Birlot
Moulin île Nord
Moulin île Sud
Palmiers
Phare du Paon
Phare du Rosédo
Plage du Guerzido
Pont Vauban
Port-Clos
Sémaphore
Tour Blanche
Verreries et citadelle
Vedettes d'aujourd'hui
Vedettes d'autrefois
Végétation de l'île



Mesure audience

L'essentiel des textes qui suivent proviennent des Archives Départementales de Saint-Brieuc. Certains, d'apparence ressemblants, s'avèrent être complémentaires. Pour que l'appétit des plus curieux soit satisfait…
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.....Recherches réalisées en coopération avec Martine Cavalec
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... ILE DE BREHAT (doc 1)
Historique
.....Abri sous Roche
.....Abri sous Roche Préhistorique
.....Kervarabès
.Croix Mérovingienne
.....Vestiges de la chapelle Saint-Riom
.....Moulin du Nord
.....Moulin de Krec'h-Tarek
.....Linteau
.Moulin à marée du Birlot
.....Pont Ar-Prat
.....Croix de Kerano
.Eglise Notre-Dame ( Chœur, Pierres
.....Tombales, Maquette de bateau
.....Vierge au Rosaire)
.Maison du corsaire Corouge
.....Maison Cornic
.....Socle de Croix
.....Guérite et batterie
.....Poudrière
.....Chapelle Saint-Michel
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Croix de Modez
....Chapelle de Keranroux
....EX-VOTO

Fort
....Abri du canot du sauvetage
....Phare

....ILE DE BREHAT (doc 2)
Généralités
Les édifices
L'île et les îlots
Classement de site
Succession des principaux évènements
Les personnages célèbres

....ISLE DE BREHAT (doc 3)
Généralités

Quelques mots d'histoire.

Au Moyen Age
L' époque du roi Louis XIII
....Sous le règne de Louis XIV
....Sous Louis XV
La Révolution

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La guerre de 1914-1918..
....Celle de 1939-1945

Le Bréhat d'aujourd'hui
....L'île Lavret
Le paléolithique de l'île de Bréhat
.....Marées et courants
Historique
Eclairage et balisage
Commerce
....Bibliographie
L'homme de néandertal dans la région de ....Paimpol

.... LES PREMIERS SIECLES ....DE BREHAT
Préhistoire
Période Romaine
Moyen-Age

..." Le Mystère" Khan

Une affaire d'espionnage à Bréhat
 

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offrait un excellent mouillage entre le Port-Clos et l'île Béniguet (le Fauconnier), tant pour les navires de commerce français qui louvoyaient péniblement le long des côtes, tant pour les corsaires qui venaient y conduire leurs prises. En 1807, s'y réfugia l'escadre du contre-amiral L'Hermite, démâtée par la tempête et pourchassée par la flotte anglaise.
Des batteries fixes et des batteries flottantes, des chaloupes canonnières (le Venteux, la Protectrice, l'Inquiète, le Sans-Pitié) surveillaient les convois et, le cas échéant, se portaient à leur secours.
En 1806, un Bréhatin, Bigot, capitaine de vaisseau, commandait l'Impérial ; un autre, Pierre Thomas, pilote de la flotte française dans l'Escaut, fut consulté par l'Empereur, lors de la création du port d'Anvers ; lieutenant de vaisseau et chevalier de la Légion d'honneur, il revint mourir à Bréhat le 22 avril 1821.
Cette époque fut aussi pour nos corsaires une grande épopée ; rappelons brièvement les noms de leurs glorieux bâtiments : l'Espoir (de Saint-Malo), les Deux-Frères (de Boulogne), l'Eléonore (de Binic), le Lézard, le Spéculateur, la Camille, l'Orphalos, le Saint-Joseph, la Dévote (Capitaine Surcouf), le Petit-Charles, le Maître de Danse, le Coursier, le Brestois, le Turbulent, le Courageux, le Furet, l'Auguste, etc…
Toute cette gloire et ces succès n'allèrent point sans de grandes souffrances et les mères en portèrent douloureusement le poids. Pourtant, Bréhat, peu à peu, pansa ses blessures et, profitant du progrès général, éleva lui aussi son " standing " de vie.
Au début du XIXe siècle, la population atteint 1 559 âmes. On a défriché suffisamment de terres pour nourrir des vaches et engraisser des moutons ; les hommes, jadis corsaires, servent dans la marine ; d'autres sont devenus " baleiniers ", capitaines ou harponneurs. On trouve leurs noms sur les rôles des navires du Havre, de Nantes, de Rouen…
Il y eut, paraît-il, à Bréhat, des ateliers où l'on salait le maquereau pêché à la ligne ; mais, autour de 1835, les marins de Dieppe et de Fécamp parvinrent à le prendre au filet ; les salaisons de Bréhat périclitèrent.
Quand Paimpol réarma pour Terre-Neuve, Bréhat fournit maints équipages d'excellents marins. On en rencontre dans l'île qui disent leurs lointaines équipées. Quelle vie !
En avril 1852 (il y a cent ans) commençait la fameuse période islandaise avec l'Occasion.
Alors, " s'envolèrent " de Paimpol jusqu'à 80 goélettes, montées chacune par 25 ou 26 hommes : capitaine, second, 2 lieutenants, un saleur, 17 ou 18 pêcheurs et 3 novices ou mousses ; on embarquait 130 tonnes de sel. On appareillait en février, après le Pardon ; le voyage durait une quinzaine de jours, et l'on pêchait de mars en août, avec des lignes de 80 brasses, perdu dans la brume, secoué par le gros temps, sans cesse menacé d'abordage (car on laisse dériver, pour pêcher, la goélette par le travers), englué dans des nuits de 18 heures ! Si la pêche était bonne, on avait amassé de l'or ; sinon, on était en dette vis-à-vis de l'armateur qui avait avancé l'équipement, et l'on ne s'en tirait qu'en souscrivant par avance un nouvel engagement pour la saison suivante.
Il en fut ainsi jusqu'en 1863 ; puis la pêche en Islande s'étiola jusqu'à la guerre de 1914 ; en 1919, elle ne parvint pas à renaître : prix de construction prohibitif, émiettement de la fortune des armateurs, insouciance de l'Etat, concurrence des chalutiers à vapeur, etc.
En 1926 pourtant, le Bar-Abel cinglait vers le Groenland.
En 1935, la dernière goélette, la Glycine, carguait ses voiles (affectée au cabotage, elle s'est perdue en Méditerranée au cours de l'hiver 1950). En 80 ans, plus d'une centaine de goélettes et deux milliers de marins s'étaient perdus corps et biens. Lisez Pêcheur l'Islande, de Pierre Loti, vous sentirez, à travers l'idylle romanesque, tout l'héroïsme des hommes et l'immense angoisse des femmes à jamais symbolisée dans ce qui, au haut de la falaise de Pors-Even, subsiste de la Crois des Veuves…

La guerre de 1914-1918
La guerre de 1914-1918 s'écoula sans notable histoire locale : " Pointe extrême d'Europe, cette vieille terre de Bretagne n'a pas été épargnée par la
tourmente qui a soufflé sur le continent tout entier, mais notre îlot rocheux, jeté dans les eaux glauques de la Manche comme une épave oubliée des bouleversements préhistoriques, semblait également oublié dans les bouleversements historiques de l'heure présente. C'était un asile de silence dans le fracas du monde, silence obsédant… " (Dumont-Wilden)

Celle de 1939-1945 y engendra comme partout des réquisitions, l'ennui, l'espionnite et les restrictions. En 1940, lorsqu'en juin prit fin " la drôle de guerre ", et qui l'autre commença, les mauvaises nouvelles amenèrent la débandade ; après la capitulation provisoire, 400 soldats allemands, remorqués par une vedette " requise " sur des radeaux elliptiques en caoutchouc attachés en file, occupèrent l'île, logés tout près de la mer.
En 1943, la situation alimentaire devint pénible, bien qu'allégée par l'apport des jardins et la générosité des grèves. L'isolement était lourd et les nouvelles rares.
En novembre, les Allemands susdits quittèrent l'île et furent remplacés par une poignée d'autres d'humeur plus désagréable : pillages, arrestations, déportations…
Enfin, le 4 août 1944, l'appareil militaire allemand s'écroulait ; les derniers sapeurs firent sauter sottement les deux phares, Pann et Rosédo (à 7 h. et à 8 h.), puis les Héaux et la Croix ; enfin, ils rejoignirent Lézardrieux (un seul demeura ; ses compagnons revinrent le chercher et le fusillèrent à Lézardrieux, le dernier poste qu'ils occupèrent) ; quelques obus de petit calibre s'abattirent sur l'île en guise d'adieu… Personne ne fut touché. Le 17 août, les Américains atteignirent l'Arcouest.
Bréhat était libre…

Le Bréhat d'aujourd'hui
Ary Renan (fils d'Ernest), qui avait acheté vers 1889 une petite maison sur le tertre du sémaphore, publia le premier les beautés de Bréhat ; depuis, poètes, romanciers, peintres, avocats, médecins, stars et simples touristes déferlent… Une seule journée d'août 1952 permit aux vedettes d'en " passer " 5 000 !
Longue de 3 500 m. et large de 800 à 1 200, Bréhat se situe (au sémaphore), par 3° 00' 20'' de longitude ouest et 48° 51' 25'' de latitude nord ; elle comporte l'île sud et l'île nord qui sont reliées entre elles par le pont Vauban, pont charmant " à taille de guêpe ", d'une quarantaine de pas ; l'île sud est plus verdoyante, plus gaie, plus peuplée ; l'île nord est plus sauvage, plus aride, plus escarpée ; on peut ainsi choisir, suivant l'heure et l'humeur.

L'île Lavret
L'île Lavret (ou Lavrec) évoque par son nom même que lui donna saint Guénolé, disciple de saint Budoc, le charme et l'odeur vanillée des lauriers-roses ; son aspect est plus rébarbatif, car ses rochers austères en font comme une forteresse aride ; elle n'est distante de Bréhat que d'environ 250 mètres ; on y passe aisément tous les jours , sauf deux fois par mois, à la morte-eau. Longue de 400 mètres et large de 300, elle mesure un dizaine d'hectares découpés en trois sommets, dont le plus haut et le plus sauvage, Bec-Ernot, regarde le nord ; les deux autres sont Pen ar Hoadic au sud-ouest, et Roc'h Rû au sud-est. Les rounces on envahi l'îlot tout entier ; il est triste…
Il ne devait point l'être vers 470, quand un savant et très austère abbé, venu de Grande-Bretagne, saint Budoc, y débarqua suivi de quelques disciples, dans le dessein d'y fonder un monastère, le premier monastère breton.
Il découvrit, au centre de l'îlot, vers le sud-est, à l'opposite de Bréhat, deux pans de mur de petit appareillage gallo-romain à assises régulières en arête de poisson, liées par du ciment romain, fait en grande partie de berniques concassées et finement pilées. C'était une ruine de villa gallo-romaine, datant de la première partie du IVème siècle, en partie détruite par les barbares du Vème. En effet, dans les fondations du pignon est, au fond d'un entonnoir fait de briques romaines, on a trouvé entre deux tuiles, et intactes, trois médailles romaines, un petit bronze de Crispus, fils de Constantin (317-326), et deux autres de Constantin II (337-340)
Que firent Budoc et ses moines ? Ils utilisèrent ces matériaux, les réparèrent et remanièrent, au moyen d'une maçonnerie beaucoup moins régulière que la gallo-romaine, et installèrent le couvent, à la fois monastère et école. Plus tard, saint Budoc fut le troisième évêque de Dol, successeur de saint Magloire.
De ce couvent, l'île Lavret conserve donc les ruines ; elles comprennent l'église, bâtiment rectangulaire de 12mètres sur 6, dédié aux apôtres saint Simon et saint Jude ; le cimetière (Beret ar Chapel), avec une soixantaine de squelettes enterrés sans sarcophages et séparés les uns des autres par de grandes pierres plates ; un puits, profond de 8 mètres, qui offrit aux chercheurs (Abbé Lasbleiz) une eau de source excellent ; enfin, les cellules des moines.
Voici comment elles furent découvertes en 1888. On voyait, en fin septembre, entres les ruines et la côte est, des circonférences se dessiner sur le gazon ; l'herbe était verte en dehors et sèche en dedans, ce qui indiquait une couche de terre trop mince pour conserver l'humidité. Des fouilles mirent à jour 8 cellules alignées, d'un diamètre de 3 a 5 mètres et distantes les unes des autres de 4, 5 et 10 mètres. On ne peut malheureusement plus contempler ces ruines vénérables, car, outre les déprédations qui firent disparaître une partie de ce legs antique, les ronces ont tout absorbé.
C'est le destin des vieilles choses…

Le paléolithique de l'île de Bréhat
Divers guides touristiques ont eu leur matière résumée sur des dépliants du Syndicat d'Initiative et un feuillet distribué aux passagers des Vedettes de Bréhat sous la forme : " L'Archipel Bréhatin fut habité dès les époques les plus reculées. Quantités de silex taillés àn été en effet retrouvés lors des fouilles entreprises par la Société Archéologique de Rennes . " En fait, la source de cette information étrange est inconnue et correspond peut-être à quelque confusion. Quoiqu'il en soit, sur la côte nord de l'Ile Nord, à l'ouest du Phare du Paon notamment, on rencontre de nombreux éclats de silex en place dans une formation limoneuse, surmontée d'un podzol où se retrouvent des éclats remaniés ; cette industrie peu caractéristique reste à préciser, sans doute tardive, peut-être mêlée avec du Néolithique de surface, elles est plus particulièrement abondante en bordure de la propriété léguée par E. Haraucourt à l'Université de Paris. Plus à l'ouest, des fragments de petits rognons de silex cryoclastés se trouvent dans les restes de cordons littoraux fossiles, mais aucun ne montre de traces de taille intentionnelle.
Une surprise exceptionnelle nous attendait à Bréhat lors d'une visite faite avec J.P. Ducouret peu après Pâques 1967, et suivie d'une étude systématique le mois suivant ; tout contre la base de la cale de basse-mer, au sud-ouest du Port-Clos (à l'extrémité de la pointe portant la citadelle de Guérava ou Goarevas), un abrupt de falaise constitue un magnifique abri-sous-roche, dont le plancher est largement recouvert par les hautes mers actuelles. Le site est conditionné par le passage d'un filon de dolérite, dont l'éponte septentrionale est la paroi granitique de l'abri, tandis que la masse granitique formant l'éponte du côté de l'Arcouest dessine une sorte de balustrade naturelle grâce à l'érosion différentielle. De part et d'autre du massif formant l'abri des coulées de solifluxion contiennent quelques éclats de silex. Mais le fond de l'abri contenait, englobés dans une argile brunâtre, les ultimes éléments de l'industrie des occupants de l'abri. Il s'agit d'un Moustérien assez classique, de faciès charentien : racloirs et éclats divers de silex pratiquement sans débitage levalloisien ; éclats et pointes en diverses roches éruptives et volcaniques trégorroises, en particulier en microgranite ; enfin toute une série de gros éclats provenant du débitage de la dolérite formant le plancher de l'abri. A côté des silex, provenant des gisements crétacés du fond de la Manche, cette mise à contribution des ressources lithiques locales est fort intéressante. Mais la rapidité avec laquelle les éclats de dolérite perdent les caractéristiques d'un débitage humain au contact des facteurs d'érosion chimique ou mécanique (il s'agit d'une roche déjà tant soit peu altérée puisque recueillie en surface) nous montre que si nous ne les avions point trouvés associés à une industrie plus classique, nous aurions eu les plus fortes chances de ne pas les reconnaître. Autrement dit, en bien des sites, les nombreux filons de dolérites du Trégorrois et du Penthièvre ont pu être taillés par les hommes paléolithiques, sans que nous nous en rendions compte, leurs artefacts ayant ensuite perdu toute allure.

Marées et courants
Les marées atteignent à Bréhat, d'après les observations faites dans la partie méridionale de l'île, les hauteurs suivantes au-dessus du zéro des cartes marines :
Pleines mers
De vive eau les plus fortes 12m80
De vive eau les plus petites 9m80
De morte eau les plus grandes 8m70
De morte eau les plus petites 7m10
Ce sont les mêmes qu'à Paimpol
Les courants ont, dans le voisinage de l'île de Bréhat, une vitesse qui dépasse 5 nœuds (2m57 par seconde) dans les marées de vive eau.
A N. O. De l'île, leur direction est déterminée par celle de l'embouchure de la rivière du Trieux.
Au Sud, le courant de flot porte vers l'E. S. E. ; mais trois quarts d'heure avant le plein, le contre-courant qui vient de l'anse de Paimpol double la pointe de l'Arcouest et se dirige bientôt, avec une certaine force, du S. E. au N. O. ; le courant de jusant suit cette même direction jusqu'à ce que les grèves soient découvertes, moment à partir duquel il s'infléchit vers l'Ouest.
Dans l'Est de Bréhat, la direction générale du courant est N. N. O.- S. S. E. au flot, et en sens inverse au jusant. Elle subit quelques déviations suivant la hauteur de la marée et la position des terres et des plateaux sous-marins. Lorsque les courants passent avec toute leur intensité sur ces plateaux, ils produisent des bouillonnements qui donnent à la mer un aspect étrange et causent une impression de vague effroi.
Les vents du Sud sont beaucoup moins fréquents que ceux d'Ouest

Historique
Bréhat a été habité aux époques les plus reculées : deux haches en pierre polie trouvées récemment dans l'île paraissent établir suffisamment l'authenticité de ce fait. L'une de ces haches est une jadéite, l'autre une diorite semblable à la roche des filons de cette nature qui traversent l'île.
Les Romains connaissaient l'île de Bréhat et l'ont fréquentée. On voit en effet dans l'île Lavrec, située dans l'Est de Bréhat, les restes d'un petit édifice rectangulaire qui, par son mode de construction, présente tous les caractères de l'architecture gallo-romaine. On ignore quelle en a été la destination. C'était peut-être un petit temple ; et les ruines, à quelques mètres de distance, d'une chapelle, qui aurait été édifiée, comme cela se pratiquait fréquemment, pour remplacer le monument païen, tendraient à confirmer cette opinion.
Par suite de sa position avancée, l'île de Bréhat a dû voir souvent des étrangers aborder ses rivages, notamment à l'époque de la grande émigration des Bretons insulaires en Armorique. C'est à Bréhat, d'après la plupart des auteurs, qu'un seigneur de la Grande-Bretagne, nommé Fracan, fuyant les Barbares et la peste qui désolaient son pays, prit terre, au Vème siècle, avec sa famille et une suite nombreuse. Il ne tarda pas à aller de là s'établir sur le bord de la rivière de Gouët, à l'endroit même occupé par le territoire de la commune qui, de son nom, s'appelle encore aujourd'hui Ploufragan.
L'île de Bréhat faisait partie, au moyen âge, de comté de Penthièvre, et était un membre de la seigneurie de la roche-Suhart.
Elle formait, dans l'évêché de Saint-Brieuc, une enclave dépendant de l'évêché de Dol. Il y existait un château fort, dont le donjon surmontait un rocher escarpé situé sur le bord du rivage, à 300 mètres dans le N. E. du bourg.
En 1083, Geffroy, fils d'Eudon, comte de Penthièvre, donnait au monastère de Sait-Martin de Lamballe deux métairies dans l'île de Bréhat avec les Bœufs et les cultivateurs.
L'amiral anglais Edmond, comte de Kent, envoyé par la reine d'Angleterre pour soutenir le duc de Bretagne, Jean V, dans ses différents avec Marguerite de Clisson, comtesse de Penthièvre, s'empara, en 1409, du château de Bréhat et le rasa. Il pilla et brûla toutes les maisons de l'île, et mit les habitants dans la nécessité de chercher refuge sur le continent.
L'île resta quelque temps déserte.
Le duc Jean V, au profit duquel les biens des Penthièvre avaient été confisqués, la donna, en 1437, au comte de Richemont, qui, lui-même, s'en démit quatorze ans après en faveur de sa fille. L'île fut, à cette occasion, estimée 100 livres de rente.
Les Penthièvre la recouvrèrent en 1471.
Dès le début de la Ligue en Bretagne, le duc de Mercoeur, qui avait épousé l'héritière de la maison de Penthièvre, fit construire un nouveau fort sur les ruines de celui que les Anglais avaient détruit en 1409. Les habitants de Bréhat armèrent aussitôt quelques petits navires en guerre, et se mirent à faire main basse sur tout ce qui se trouvait à leur portée. Paimpol eut particulièrement à souffrir de leurs incursions. Aussi les Anglais, envoyés par la reine Elisabeth pour renforcer l'armée royale, étaient-ils à peine débarqués dans cette ville, que La Tremblaye, qui y commandait pour le roi Henri IV, les fit immédiatement reprendre la mer pour aller s'emparer de Bréhat. Les Malouins, informés de cette entreprise, expédièrent au secours de l'île le capitaine Bellechaussée avec deux vaisseaux. Mais ce dernier, reconnaissant l'insuffisance de ses forces pour déloger les Anglais, se retira après avoir embarqué tous les habitants qui voulurent le suivre, et l'être emparé, à la vue de la foltte ennemie, de deux petits navires qui s'étaient approchés pour le reconnaître. Le siège du château fut poussé avec vigueur après le départ du capitaine Bellechaussée. La résistance fut énergique, et c'est seulement à bout de vivres et de munitions que la garnison se rendit. Les vainqueurs, abusant cruellement de leur succès, firent pendre quinze des défenseurs du château aux ailes des moulins à vent de l'île.
Ils ne furent pas, du reste, longtemps maîtres de Bréhat. Aussitôt que les Malouins eurent appris que les Anglais étaient allés rejoindre l'armée royale, ils firent partir Jean Jonchée des Portes, qui, en trois jours, s'empara de l'île et du château, et s'y fortifia au nom du duc de Mercoeur. Mais cette place ne resta pas au pouvoir de la Ligue ; elle fut reprise peu de temps après par Henri de Kérallec, qui commandait à Tréguier pour le roi.
En 1592, l'armée espagnole, qui servait les intérêts du duc de Mercoeur, s'établit momentanément à Bréhat pour aller de là prendre et saccager Tréguier. Les Espagnols incendièrent en grand nombre de maisons dans l'île. On leur attribue les retranchements que l'on remarque sur la pointe située à l'Est du havre désigné sous le nom de Port-Clos.
Les troubles de la Ligue terminés, l'histoire ne fait plus mention du château de Bréhat. Il est à présumer qu'il fut détruit en 1598, par ordre du roi Henri IV, en même temps que la plupart des autres châteaux forts de la province.
Pendant les guerres maritimes de la République et de l'Empire, il existait à Bréhat une station de canonnières et de péniches de l'Etat. Leur principale mission consistait à convoyer les navires de commerce qui se rendaient d'un port à l'autre en longeant le littoral.
Durant la même époque, des corsaires armés à Saint-Malo se tenaient habituellement à Bréhat, où ils étaient avantageusement placés pour leurs excursions en Manche. Ces navires, devant être nécessairement bons marcheurs, étaient fins et craignaient l'échouage. Ils mouillaient dans le Sud de l'île, au lieu dit le Fauconnier. Leur nombre était de sept ou huit, et plusieurs étaient commandés par des capitaines de Bréhat. Ils firent souvent de très belles prises.
Il se passa à Bréhat, en 1803, un fait assez rare dans nos annales.
Un jour, les habitants virent débarquer un escadron de cavalerie à pied, qui s'en alla immédiatement dresser ses tentes sur un terrain inculte, situé dans le Nord de l'île et battu par tous les vents de la mer. Il y passé l'hiver, exposé aux plus rudes intempéries et ne sortant de son campement que pour faire le service de la place.
Cet escadron venait du côté de la Hollande ; il avait laissé prendre l'étendard de son régiment.
La position de l'île de Bréhat lui donne une certaine importance dans les guerres maritimes, tant comme point de relâche que pour la défense de l'entrée de la rivière du Trieux. Aussi est-elle classée comme place de guerre. Elle comptait, jusqu'à ces derniers temps, 8 corps de garde et 12 batteries. La plupart de ces établissements ont été supprimés, et on a construit, en 1866, dans le Sud de l'île, un poste-réduit pour une garnison de 200 hommes.
Bréhat a fourni à la marine de l'Etat des officiers distingués, au nombre desquels il convient de citer les contre-amiraux Pierre-Marie Le Bozec et Cornic, et les capitaines de vaisseau Ober, le Fortier, Y. Cornic, Charles et Pierre-René Le Bozec.
L'île de Bréhat a un petit port et deux havres, qui offrent en bon abri aux caboteurs. On les nomme le Port-Clos, la Corderie et la Chambre.
Le Port-Clos est situé à l'extrémité Sud de l'île, et c'est dans ce port que se tiennent les bateaux employés aux communications avec le continent, lorsque la hauteur de la marée le permet. L'anse que le forme a une longueur de 500 mètres sur une largeur moyenne de 200. Elle est ouverte au S. O., mais les vents de cette direction n'y occasionnent jamais une grande agitation. La grosse mer se fait sentir à l'entrée par les vents violents de l'Est, et oblige les navires à se réfugier dans le fond du port, où ils trouvent toujours une assez grande tranquillité.
Les ouvrages du Port-Clos consistent uniquement dans quatre jetées à pierres sèches établies à peu prés normalement au rivage et servant de débarcadères.
La jetée la plus rapprochée de l'ouverture de l'anse réunit avec la terre ferme le rocher Men-Ru, que surmonte une balise noire. Elle a une longueur d'environ 60 mètres, et son couronnement est un peu supérieur au niveau de la mi-marée. On la désigne sous le nom de Grand-Pont ou de Pont-ar-Men-ru.
Le second débarcadère qu'on trouve en entrant dans le port, et qu'on appelle Pont-Kreiz ou Pont du Milieu, est moins important que le Grand-Pont. Il est de forme irrégulière et s'élève peu au-dessus de la plage.
Les deux ouvrages dont il vient d'être question ont été construits, de 1795 à 1800, par les équipages des bâtiments de guerre qui stationnaient au Port-clos. Ils sont situés à gauche en entrant.
Un peu au-dessus et de même côté, on établit, vers 1848, un petit débarcadère, pour faciliter, à haute mer et par les vents du Sud, l'accostage des bateaux de passage.
Enfin, en 1848, un ouvrage plus important que les précédents fut entrepris par l'administration des ponts et chaussées, dans le fond du port, et terminé en 1850. Il consiste en une jetée de 70 mètres de longueur et de 3 mètres de largeur, dont la direction est perpendiculaire au rivage et dont le couronnement suit à peu près l'inclinaison de la plage. Ce débarcadère, qui communique directement avec les chemins et sentiers de l'île, est très fréquenté. Sa construction a entraîné une dépense d'environ 5,000 francs.
Les navires trouvent au Port-Clos une profondeur d'eau moyenne de 5,50 mètres dans les marées de vive eau ordinaires, et de 2,50 mètres seulement dans les marées de morte eau.
A l'entrée même du port, se dressent plusieurs roches assez rapprochées, connues sous les noms de Men-Joliguet, Men-Abat, Men-ar-Gouille, Madeleine et Roch-ar-Gazec. La première est signalée par une tourelle en maçonnerie, et les autres par des perches-balises.
Une balise de cette dernière espèce indique, en outre, à l'intérieur du port, une pointe de rochers nommée Moncel-Laourez.
En face du Port-Clos, sur la rive du continent, se trouve le débarcadère de l'Arcouest, destiné à l'accostage des bateaux qui font le service du passage. Il se compose d'une jetée de 296 mètres de longueur et de 3 mètres de largeur. Cet ouvrage, qui exige d'assez fréquentes réparations, a été construit, par voie de régie, en 1845 et 1846, et a donné lieu à une dépense d'environ 26,000 francs.
La Corderie est une anse qui s'ouvre à L'Ouest et qui s'étend entre la partie Nord et la partie Sud de l'île. Il n'y existe d'autres ouvrages d'art que quelques débarcadères, construits plutôt en vue d'opérations particulières que pour les besoins du commerce. Les navires peuvent échouer sur toutes l'étendue de l'anse, qui n'a pas moins de 900 mètres de longueur sur un largeur variant de 200 à 400 mètres. Mais le meilleur échouage, surtout pour les navires d'un tirant d'eau de 4 mètres à 4,50 mètres, est situé à 400 mètres environ de l'entrée : il n'y amortissent jamais et n'y sont d'ailleurs exposés à éprouver de l'agitation qu'au moment du plein des grandes marées, et quand les vents soufflent de la partie de l'Ouest avec une certaine violence.
L'entrée de l'anse de la Corderie n'a pas plus de 100 mètres de largeur ; elle est limitée au Nord par les rochers de Moncello-Richard et au Sud par celui de Kaler. Ces écueils sont signalés par des balises, ainsi qu'une autre roche, nommée Roch-ar-Groazec, qui se trouve à 300 mètres en dedans, sur la droite.
La Chambre est située dans l'Est du Port-Clos, à une distance d'environ 600 mètres. L'espace ainsi nommé est compris entre l'île de Bréhat, les îles Logodec et Lavrec et plusieurs îlots et rochers. C'st un bon refuge, qui présente un avantage particulier : outre le passage principal qui s'ouvre vers le Sud, il existe plusieurs passes secondaires au moyen desquelles on peut en sortir dans la direction du N. E ., dans celle de l'Est ou dans celle su
S. E.
Les navires qui relâchent dans la Chambre s'arrêtent généralement près d l'entrée principale, entre la pointe S. E. de l'île de Bréhat et la côte Ouest de l'île Logodec. Ils y sont bien abrités et n'y amortissent pas.
Au temps des guerres maritimes, il fut question de travaux d'amélioration dans la Chambre. Ils se bornèrent à une longueur de quai de 40 à 50 mètres, dont le but était de diminuer la fatigue des navires fins à l'échouage, en leur donnant un appui latéral. Ce petit travail, n'étant d'aucune utilité, fut démoli en 1836, et les matériaux furent employés dans la construction de la jetée de Kernoa, à Paimpol.
L'entrée de la chambre est d'indiquée par des balises en bois, placés sur les écueils nommés Men-ar-Ouadon, à droite, Pierre-Rouge, la Jetée et Moncel-Hir, à gauche.
En sus de ses trois havres, Bréhat possède une rade qui, dans la plupart des cas, peut rendre de grands services à la navigation. Elle est située dans le Sud de l'île, en face de la Chambre. Le fond y est d'excellente tenue, et la profondeur d'eau n'y descend pas au-dessous de 5,50 mètres dans les plus basses mers. Les navires y sont parfaitement abrités contre les vents du Nord au S. O. en passant par l'Ouest ; mais les vents de la partie de l'Est y produisent de l'agitation, surtout pendant le flot, et y rendent la mer tellement houleuse dès qu'ils soufflent avec quelque violence, qu'il devient impossible d'y séjourner.
Le trajet entre le Port-Clos et l'Arcouest est, dans ces circonstances, rendu impraticable aux bateaux, et l'île est privée de ses relations habituelles avec le continent.
Il est à remarquer que les vents d'Est sont heureusement assez rares dans la contrée.

Eclairage et balisage
Il n'est peut-être pas sur notre littoral de parage où les écueils soient plus nombreux qu'aux environs de l'île de Bréhat.
Deux groupes serrés d'îlots et de rochers couvrent d'abord l'île à l'Est et à l'Ouest.
Ce dernier groupe n'est séparé de l'île que par une étroite coupure, qui porte le nom de Kerpont, et qui devient praticable aux navires après quatre heures de flot. Il est borné au N. O. par le grand chenal du Trieux et au Sud par un chenal secondaire, dit de Ferlas, qui conduit également dans cette rivière, en passant vis-à-vis du petit port de pêche de Loguivy.
Le groupe de l'Est, dont la partie méridionale renferme le havre de la chambre, est limité vers le large par une passe qu'on désigne sous le nom de Chenal ou Raz de Bréhat, et qui, malgré les difficultés de son parcours, est fréquenté par toute la navigation de la baie de Saint-Brieuc.
Au delà de ce chenal, de vastes plateaux de roche et de sable s'étendent jusqu'à 4 milles dans l'Est et se terminent au Nord par un écueil très dangereux, nommé la Horaine. Ils se relient dans le S. E. avec les rochers qui avoisinent l'anse de la rade de Bréhat.
Dans le Nord et le N. E. de l'île, et de l'autre côté du grand chenal de l'entrée du Trieux, se trouvent l'autres bancs et écueils, et, au delà, les terribles roches des Héaux et de l'embouchure de la rivière de Tréguier.
Enfin, quand, en venant du large, on prend connaissance de Bréhat, on rencontre dans le N. E. deux plateaux de rochers isolés, dont le premier, celui des Roches-Douvres, en est distant de 17 milles, et le second, celui de Barnouic, de 12 milles. Ces deux écueils sont d'autant plus redoutables qu'ils se trouvent sur la route que suivent les navires, quand ils se rendent de l'entrée de la Manche à Saint-Malo et à Granville.
Ces roches multipliées, ces passes étroites, dont les dangers sont encore augmentés par des courants rapides, rendirent pendant longtemps les conditions de la navigation dans les parages de Bréhat exceptionnellement périlleuses.
Il appartenait à l'administration des travaux publics de chercher et de réaliser le moyens d'améliorer cette situation, qui ne compromettait pas seulement la navigation locale, mais encore celle d'une grande partie de la Manche. Elle a su, comme on va le voir, se montrer au niveau de sa tâche.
L'Administration décida d'abord qu'un phare de premier ordre serait établi sur le plateau des Héaux de Bréhat. Elle indiquait ainsi aux navigateurs la côte inhospitalière des environs de Bréhat, et précisait la position d'un écueil particulièrement dangereux. Avec les moyens d'exécution sont on disposait à cette époque, l'emplacement ne pouvait être mieux choisi.
Par un décision ministérielle du 3 mai 1834, M. l'ingénieur L. Reynaud fut chargé des études et de la construction du phare, sous les ordres du M. l'ingénieur en chef Lecor. Le projet, présenté au mois de septembre 1834, reçut l'approbation du ministre des travaux publics le 22 décembre de la même année.
Après une campagne employée en préparatifs, on commença la construction du phare en 1836 ; elle fut terminée en 1839.
Pendant les deux dernières campagnes, M. de la Gournerie, aspirant ingénieur, fut adjoint à M. Reynaud, qui avait été nommé professeur d'architecture à l'Ecole polytechnique, mais qui conserva toujours la direction des travaux.
L'édifice, qui repose sur ne roche porphyrique d'une extrême dureté, consiste en une tour cylindrique de 4,20 mètres de diamètre intérieur et de 47,20 mètres de hauteur, depuis l'arête de sa base jusqu'au pied de la lanterne. Il est composé de deux parties principales. La première a une hauteur de 18 mètres et est en maçonnerie pleine jusqu'à 1 mètre au-dessus du niveau des plus hautes mers ; elle a un diamètre de 13,70 mètres à la base et de 8,60 mètres au sommet. Son parement présente, à la partie inférieure, une courbure concave suivant un profil elliptique. La seconde partie, dont la hauteur est de 27,40 mètres, a seulement 6,80 mètres de diamètre à la base et 5,90 mètres au-dessous de la corniche de couronnement. Les deux parties sont séparées par une galerie entourée d'un parapet.
La porte d'entrée s'ouvre au Sud, à 5,40 mètres au-dessus du niveau moyen du rocher au pied de la tour, et à 1 mètre au-dessus du niveau des plus hautes mers. On y accède à l'aide d'échelons en bronze scellés dans une rainure. En face de la porte se trouve l'escalier qui met en communication les divers étages, au nombre de huit. La cage de cet escalier est prise en partie ans l'épaisseur du mur, et la saillie que le reste forme dans le vide du cylindre de la tour est dissimulée par des armoires placées de chaque côté.
La construction est en granit de l'île Grande ; la pierre, d'un grain fin et serré et d'une teinte bleuâtre, est appareillée et taillée avec une grande précision.
Cette belle œuvre d'art produit un effet saisissant, soit qu'à mare basse elle apparaisse entourée des âpres rochers qu'elle domine, soit qu'à marée haute elle s'élance avec défi du milieu des flots. Par l'harmonie des proportions, comme par la perfection du travail, le phare des Héaux de Bréhat est du reste un des monuments les plus remarquables de notre époque, et il occupe sans conteste le premier rang parmi les édifices à l'éclairage des côtes.
Il a été exécuté dans des conditions difficiles, sans le secours d'un bateau à vapeur et avant que le ciment de Portland fût connu. Le chantier à terre avait été établi sur l'île de Bréhat, qui se trouvait heureusement située par rapport à la direction des courants de marée, et qui offrait d'ailleurs des havres d'une excellent tenue.
Les dépenses de construction du phare se sont élevées à 531,679fr.28 cent., non compris la lanterne et l'appareil d'éclairage.
Le feu des Héaux est fixe, et sa portée lumineuse est d'environ 20 milles pour un état moyen de l'atmosphère. Sa hauteur au-dessus des hautes mers est de 45 mètres. Il a été allumé le 1er février 1840. Un feu provisoire avait été placé, dès 1831, au sommet d'une construction en charpente, qu'on avait installée dans la partie la plus élevée du plateau.
Une modification importante a été apportée, depuis le 1er novembre 1877, au phare de Héaux, dans le but de permettre aux navigateurs de pratiquer avec sécurité le passage


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