13) la fontaine Saint-Riom, à côté des ruines de
la chapelle Saint-Riom, dans l'île nord ;
14) plusieurs maisons du bourg (XVII e -XVIII e s.) ; notamment celles
des corsaires Foury (1611) et Corrouge (1723), l'école maternelle
(1714), une auberge (XVIIIè s.), une maison à tour carrée
(XVII e s. et 1721) et deux autres maisons (1659 et 1718) ;
15) un bénitier en granit, à godrons, près de l'ancienne
mairie. Il semble provenir de l'église ;
16) deux maisons (1749 et 1777) et une pierre réemployée
(1582), au Port-Clos
17) la maison dite de l'amiral Cornic (1767) et celle qui est considérée
comme sa maison natale (1735), toutes deux à Crech Tarek ;
18) une maison de corsaire à Crech Briand (vers 1749) ;
19) le moulin à vent de Crech ar Pot (1748) ;
20) le moulin à vent de Crech Tarek (1682) :
21) le moulin à marée du Birlot ;
22) plusieurs autres maisons anciennes à l'étang du Birlot,
à Armez Quef (1766), à Bellevue, à Crech ar Pot,
à Crech Esquen (chaumière et autre maison XVIII e s.),
à Crech Guen (XVIII e s.), à Crech Kerio (1678), à
Cech Simon (1735 et 1784), au Gardeno (chaumière de 1763 et autres
maisons de 1761 et 1787), à Kerarguilis (XVIII e s.), à
Kergoareva, à Kermiquel (1781, dont celle du corsaire Brugon)
et à Kerverrien ;
23) le site archéologique de l'abri du Goareva, à l'entrée
du Port-Clos (Paléolithique moyen). Cet abri, aujourd'hui situé
au bord de la mer, se trouvait en pleine terre à l'époque
où il était habité ;
24) les ruines du monastère de l'île Verte (Moyen Age)
;
25)le site archéologique de la fondation Haraucourt, à
Plasemm al Lomm (Paléolithique supérieur) ;
L'île et les îlots:
L'archipel de Bréhat se compose de deux grandes îles et
de nombreux îlots. Les deux grandes îles sont l'île
sud, la principale, où se trouve le bourg, et l'île nord.
Ces deux îles sont réunies aujourd'hui par le Pont Vauban
et par la digue qui a été ajoutée en 1756 ou peu
après.
L'îlot le plus étendu est Béniguet, cité
dus 1198 dans une bulle de Saint-Rion (ecclestam Binivet, insulam de
Biniwit). Cet îlot, où il y eut une église au Moyen
Age et qui était très habité au XVIII e siècle,
ne possède plus qu'une ferme et deux maisons d'habitation, à
côté de nombreuses ruines.
Deux autres îlots d'une certaine importance sont l'île
Lavret, occupée par des moines au Vè siècle, et
l'île Logodec. Les plus pitits ont pour nom :
1) à l'est : Ragenez Meur, Ragenez Vian, Roch Du, Roch Louet,
Seheres, Voulc'h, Ar Ouis et Morbic ;
2) et à l'ouest : Ragenez, la Chèvre, le Bouc, les Agneaux,
les trois îles, l'île Verte (où un couvent de Cordeliers
existait sous l'Ancien Régine), Roch Losquet, Crouezen, Liorzou
et (dans la baie de la Corderie) Roch Velen.
Classements de site
Il y a eu plusieurs classements ou inscriptions de site :
1) l'île de Bréhat (sans autre précision) fut classée
parmi les sites et monuments naturels de caractère artistique
par arrêté ministériel du 13 juillet 1907. Cet arrêté,
où le seul consentement de la commune est mentionné, ne
s'appliquait donc qu'aux parcelles appartenant à celle-ci ;
2) l'accord de l'écrivain Edmond Haraucourt ayant été
obtenu, le classement fut étendu aux parcelles A 211- A 231,
lui appartenant, par arrêté du 14 février 1929 ;
3) la pointe de Goareva ou de la Citadelle (C 1448-1455, 1503-1505,1509-1620)
fut inscrite à l'inventaires des sites le 30 juillet 1935 ;
4) le moulin à marée du Kerpont et ses dépendances
fut classé comme site le 9 mai 1940 ;
5) le 12 mars 1964, l'inscription fut étendue à la totalité
de l'archipel de Bréhat ;
6) le domaine public maritime, y compris les rochers ou écueils,
sur une profondeur de 500 m en direction du large, à partir de
la limite terrestre, a été classé parmi les sites
le 26 mars 1980 ;
7) enfin par décret du 30 juin, l'archipel fut ensuite classé
en partie parmi les sites pittoresques. Ce décret s'applique
à l'île sud (croix Maudez, étang du Birlot, le Fort,
le Port-Clos), l'île nord (sections A1, A2, A3, à l'exception
de A3 960, 963-970), et, pour les îles secondaires, les sections
A1 (îles ar Mobil et ar Ouis), A2 (Voulch et Seheres), B (Raguenès-Meur,
Raguenès-Vian, Roch-Losquedic, Lavrec, Poch-Ru, Logodec), C1
(Raguenec, Guillamgor, île Verte, C2 (ar Voul, le Groueren, Biniquet)
et les îles non cadastrées.
Cependant les parcelles suivantes de l'île nord sont seulement
inscrites :
A1 9-11 , 48-55, 256-261, 268, 290p, 291, 292, 294-296,1534,1535.
En dehors des sites déjà nommés, il fait signaler
tout particulièrement :
8) la butte Saint-Michel, point culminant marqué par une croix
ancienne. La chapelle Saint-Michel a été construite au
XIX siècle sur cette butte, d'où la vue s'étend
sur une partie de l'archipel ;
9) le phare du Paon, dans l'île nord ;
10) le phare du Rosédo, aussi dans l'île nord ;
11) le sémaphore, situé sans l'île nord. Ce sémaphore
figure sur le tableau des postes électro-sémaphoriques
annexé à la loi du 18 juillet 1895 ;
12) les chemins creux bordés de murs
Pour mieux préserver le site, on a interdit la circulation des
véhicules automobiles dans la commune, ne faisant exception que
pour des tracteurs, une ambulance, la voiture des pompiers et les vélomoteurs
du médecin et du garde-champêtre.
Succession des principaux évènements:
Voici dans l'ordre chronologique, la succession des principaux évènements
qui ont jalonné le passé de cet archipel :
1) à la fin du Vè siècle, un monastère fut
fondé par saint Budoc dans l'île Lavret. On voyait encore
des traces de cellules circulaires, lors des fouilles faites par l'abbé
Lasbleis vers 1890. Ce monastère fut occupé au moins jusqu'au
milieu de VIII e siècle (Plan, à la fin du t. Ier de l'Hist.
de Bret. De la Borderie, 1905) ;
2) entre 1184 et 1198, les églises de Bréhat et de Béniguet
furent données à l'abbaye de Saint-Rion ;
3) en 1202 l'église de Bréhat et l'île de Béniguet
furent données à l'abbaye de Beauport ;
4) en 1219 Jean, évêque de Dol, autorisa les paroissiens
de Bréhat à avoir un prêtre résidant dans
l'île (quod parrochiani de Brihiat habeant presbiterum residentem
in eadem insula. Anc. Ev. IV, 72) ;
5) le 18 mai 1244, l'évêque de Dol notifia à celui
de Saint-Brieuc la sentence d'interdit et d'excommunication portée
contre les paroissiens de Bréhat, parce qu'ils refusaient de
payer les dîmes (Anc. Ev. IV, 117) ;
6) en 1409 le château de Bréhat, qui appartenait à
la Ctesse de Penthièvre, fit assiégé par une armée
anglaise, commandée par Edmond, Cte de Kent, agissant pour de
duc de Bretagne Jean V. Le château ne fut pas pris mais l'île
fut ravagée et dépeuplée par les
Anglais ;
7) vers 1422 le château de Bréhat, ayant été
confisqué par le duc de Bretagne sur la Comtesse de Penthièvre,
fut abattu et rasé, sur son ordre. La seigneurie de l'île
fit désormais partie de l'apanage d'Arthur de Bretagne, frère
du duc ;
8) le 12 décembre 1423, le duc Jean V confirma le privilège
des habitants de Bréhat d'être francs et exempts de fouages.
Cette faveur leur avait été accordée parce qu'ils
étaient exposés au pillage des gens de guerre et notamment
des Anglais. Le titre primitif, qui avait été accordé
par le duc Jean IV (1364-1399), était alors perdu. Il fut aussi
renouvelé en 1429 et 1436 (Lettres de Jean V, n° 1575, 1845,
2197 ; Rec. Des actes de Jean IV, n°1195). Le privilège était
encore en vigueur au XVIII e siècle et devait alors être
renouvelé tous les neuf ans (Arch. Des C.-d'A., H Beauport, carton
65) ;
9) en 1434 fut fondé le couvent des cordeliers de l'île
Verte. Ce couvent devint un couvent de Récollets, qui dura jusqu'à
la Révolution (d'après Ogée, Dict. de Bret., I,
1843, p.392) ;
10) le 19 janvier 1450, Jacqueline de Bretagne, fille légitimée
d'Arthur de Bretagne et femme d'Arthur Brécart, reçut
de son père la seigneurie de Bréhat (Arch. Des C.-d'A.,
I E 1309) ;
11) le 19 décembre 1566, Catherine Brécart, épouse
de Jean Le Chapponnier, vendit à Sébastien de Luxembourg,
Cte de Penthièvre, la seigneurie de l'île de Bréhat
;
12) le 12 mai 1591 ou après, l'île de Bréhat ,qui
appartenait au duc de Mercoeur, chef de la ligue, fut prise par les
Anglais, commandés par Norris, et par un parti de l'armée
royale française, commandé par Kergomar ;
13) dès le 3 juin 1591, l'île fur reprise pour la Ligue
par un parti de Malouins venus par mer et commandés par Jean
Jonchée des Portes ;
14) en 1594 l'île fut reprise par les Royaux du capitaine Coatallec,
qui en fut nommé gouverneur ;
15) le 6 août 1599, Pierre Balavenne, gendre de Catherine Brécart,
transigea avec la duchesse de Mercoeur et lui céda définitivement
la seigneurie de l'île de Bréhat, dont la vente de 1566
avait été contestée pour lésion de plus
de moitié prix ;
16) au début de mars 1600, le capitaine ligueur Guy Eder de la
Fontenelle fut arrêté à Bréhat et conduit
au château de Nantes, où il fut emprisonné le 7
mars ;
17) vers août 1642, le P. Maunoir vint prêcher une mission
à Bréhat ;
18) le 7 février 1726 fut bénie la chapelle Saint-Simon
et Saint-Jude de l'île l'Avret
(état civil) ;
19) le 6 avril 1795 le Vieux château, qui appartenait précédemment
au duc de Penthièvre, fut vendu comme bien national ;
20) de septembre à novembre 1832, le choléra sévit
à Bréhat. L'évêque de Saint-Brieuc, Mathias
de la Romagère, vint apporter ses encouragements aux Bréhatins
;
21) le 19 juin 1858 furent adjugés les travaux des fanaux du
Rosédo et du Paon, prévus pour signaler aux navigateurs
la roche de la Horaine. Ces deux fanaux furent allumés le 4 août
1860 (Arch. Des C.-d'A., 11S 7/97) ;
22) en 1863, fut construit le fort de Bréhat ;
23) par décret du 3 mai 1865 a été autorisée
la construction d'un phare sur le plateau des Roches-Douvres, au large
de Bréhat. Ce phare a été allumé à
titre provisoire le 15 décembre 1868 et définitivement,
après de nouveaux travaux, le 6 août 1869 (11S 101) ;
24) le 15 juin 1929, le Conseil général des Côtes-du-Nord
vota une subvention pour organiser un service régulier des vedettes
à moteur desservant l'île de Bréhat à partir
de l'Arcouest en Ploubazlanec. Un contrat fut passé avec Mme
André Colin, armateur, le 29 juin 1931 (75 S 4)
25) le 14 février 1942, la vedette le Korrigan partit clandestinement
de Bréhat pour l'Angleterre avec six personnes à bord
;
26) le 4 août 1944, les Allemands quittèrent l'île
après avoir fait sauter les phares du Paon et du Rosédo
;
27) le 17 août 1944, des éléments de l'armée
américaine et des F.F.I débarquèrent à Bréhat.
Les personnages célèbres
Parmi les personnages connus dont le nom se rattache à l'histoire
de l'île-de-Bréhat, on découvre surtout, jusqu'à
la Restauration, des marins originaires de la commune et, depuis, des
notables étrangers au pays qui ont trouvé là un
lieu de séjour agréable pour écrire, peindre ou
passer leurs vacances ;
1) Pierre-François Cornic du Moulin, né à Bréhat
le 23 juillet 1731, contre-amiral (24 octobre 1793). Il fut nommé
vice-amiral (31 octobre 1795) mais cette nomination fut rapportée
un mois plus tard. Cornic du Moulin fut suspendu pour " incivisme
" (janv. 1798) et réformé (juillet). Il mourut à
Bréhat le 11 avril 1801. On y montre, à Crech Tarek, sa
maison " natale " (bien que datée de 1735) et la maison
qu'il aurait habitée plus tard ;
2) Charles Cornic du Chêne, cousin germain du précédent,
né à Morlaix (Fin.) le 5 septembre 1731, d'une famille
bréhatine. Lieutenant de frégate (1757) puis lieutenant
de vaisseau (1764), chevalier de Saint-Louis (1773), capitaine de vaisseau
(1778), il devint colonel général de l'artillerie à
Bordeaux (1790) et mourut à Morlaix le 12 septembre 1809. Une
statue lui a été élevée dans cette ville
en 1897 ;
3) Martin Le Forestier, né à Bréhat le 27 juillet
1759, capitaine de vaisseau (18 juillet 1808), officier de la Légion
d'honneur, chevalier de Saint-Louis, admis à la retraite de 1er
novembre 1817 et mort à Bréhat le 23 juillet 1835 ;
4) Pierre-Marie baron Le Bozec, né à Bréhat le
28 avril 1769, capitaine de vaisseau (24 septembre 1803), admis à
la retraite en 1823 et mort à Bréhat le 15 mai 1829 (Levot.
Biogr. Bret., I 197). La famille Le Bozec a compté plusieurs
officiers de marine (Kerviler, Biobibl. Bret., VI 127)
5) Alfred Guezenec, né à Bréhat le 25 septembre
1822. Fils d'un lieutenant de vaisseau, il voyagea d'abord dans touts
les parties du monde puis se fixa à Paris, où il publia,
à partir de 1857, de nombreux romans, avec le pseudonyme d'Alfred
de Bréhat, tout en collaborant à l'Opinion nationale et
à la Patrie. Il mourut à Paris le 20 janvier 1866 (P.
Larousse, Grand dict. univ. du XIX e s., II 1867) ;
6) Gaston Variot, né à Demigny (S.-et-L.) en 1855, médecin
des hôpitaux (1889), auteur d'un Traité d'hygiène
infantile et l'importantes initiatives et recherches en pédiatrie.
Il fut médecin-chef de l'hôpital des Enfants assistés
de Paris et mourut dans cette ville de 18 février 1930. Il passait
l'été à Bréhat où il se fit construire
une maison au Guersido. Il fit aussi des recherches archéologiques
à l'île Lavret ;
7) Edmond Haraucourt, né à Bourmont (H.-M.) en 1856, poète
et romancier, conservateur du musée de Cluny. On cite souvent
cet extrait de Rondel de l'adieu : " Partir, c'est mourir un peu
". Il a séjourné à Bréhat, où
il possédait une propriété qui fut classée
comme site en 1929. Cette propriété sur laquelle se trouve
un gisement paléolithique a été léguée
à la cité universitaire de Paris (fondation Haraucourt).
Il est mort à Paris le 18 novembre 1941 ;
8) Auguste Matisse, né à Nevers le 12 mai 1866, peintre
de marines et de décorations, mort le 19 septembre 1931, inhumé
à Bréhat ;
9) André-César Vermare, né à Lyon le 27
novembre 1869, sculpteur, 2e grand prix de Rome (1897), puis 1er grand
prix de Rome (1898). A Bréhat, il fit restaurer et habita les
chaumières de Maudez. Il mourut en 1960 et fut inhumé
à Bréhat ;
10) Lucien Seevagen, né à Chaumont (H.-M.) le 29 janvier
1887, originaire de Norvège, peintre de paysages marins et d'architectures,
aqua-artiste. Gazé en 1915, il fut évacué à
Bréhat pour y passer sa convalescence et, depuis, il peignit
une partie de l'année dans cette île où il est mort
le 25 juin 1959 (Bénézit) ;
11) Anders Osterlind, né à Lépaud (Creuse) le 19
juin 1887, fil du peintre suédois Allan O. (mort en 1938) et
d'une mère française. Peintre, il séjourna à
Bréhat et y peignit des intérieurs Bréhatins. Il
peignit aussi la chapelle de la Clarté en Perros-Guirec. Il signa
ses peintures des ses prénoms et nom jusqu'en 1939 puis Osterlind
tout court après cette date. Il mourut le 5 janvier 18960. Son
fils Nanic O. (1909-1943) fut peintre de gouaches (Bénézit)
;
12) Mme Wilborts, née Suzanne Gibbons. Elle naquit à Paris
vers 1891, participa comme infirmière à la guerre de 1914-1918
puis à la Résistance sous le pseudonyme de Sidonie. Chef
du sous-réseau de renseignements Bretagne-Nord, elle fut arrêtée
à Bréhat le 22 mai 1942, ainsi que son mari et sa fille
Yvette, dite Marie-Jo. Elle fit déportée à Ravensbrück
puis à Mathausen, d'où elle revint le 22 avril 1945. Elle
a publié ses souvenirs de cette période sous le titre
Pour la France (4e trim. 1946). Elle mourut à Paris en 1957 ;
13) Louis Guillaume, né à Paris le 18 décembre
1907. Après avoir passé son enfance à Bréhat
chez sa grand-mère, il publia de nombreux volumes de poésie
depuis 1928 et tint quotidiennement un journal de 47 cahiers restés
inédits. Directeur d'école à Paris (9, rue de Moussy,
4e arr., où une plaque commémorative a été
apposée), il mourut dans cette ville le 25 décembre 1971.
E, 1974 la Monnaie de Paris a frappé une médaille à
son effigie et un médaillon a été apposé
à Bréhat sur le Tertre-Briand ;
14) André Barsacq, né à Feodossia (Ukraine) le
24 janvier 1909, directeur du théâtre de l'Atelier (1940),
metteur en scène. Il séjournait à Bréhat
dans sa maison de Crech Simon. Il est mort à Paris le 3 février
1973.
A séjourné à Bréhat de 1961 à 1963
le général Valentin Gonzalees dit el Campesino, qui commandait
l'armée républicaine de Catalogne pendant la guerre d'Espagne.
Réfugié en Russie, où il fut reçu par Staline
puis déporté, il fut ensuite réfugié politique
à Cuba et en France. Ayant animé un maquis contre le Gal
Franco, dans les Pyrénées, il fut arrêté
et assigné à résidence dans l'île de Bréhat
(24 août 1961). Il y habita au Rertre-Braind puis à Saint-Michel.
Libéré en août 1963, il se fixa en Moselle (Kerleveo,
Paimpol, 56)f. Il a publié chez Plon en 1950 : La Vie et la mort
en URSS. 1939-1945.
ISLE DE BREHAT (doc3)
Génaralités:
A 20L. ½ à l'O.-N.-O de Dol, son évêché
[aujourd'hui Saint-Brieuc] ; à 25L. ½ de Rennes, et à
1L. ¾ de Paimpol, sa subdélégation. Elle ressortit
au siége royal de Saint-Brieuc. On y compte 800 communiants.
La cure est présentée par l'abbé de Beauport. Cette
île a titre de châtellenie ; elle dépend du duché
de Penthièvre, et contient environ trois cents arpents de terrain
; elle est à une demi-lieue dans la mer, à l'embouchure
de la rivière de Trieuc, qui sépare les évêchés
de Saint-Brieuc et de Tréguier. Nous ignorons pourquoi elle dépend
de l'évêché de Dol. On voit, dans les environs,
de petites îles habitées, des rochers et des bancs de sable.
La haute-justice de Bréhat s'exerce à Paimpol et appartient
à M. le duc de Penthièvre- L'an 418, Fracan, parent de
Conan Meriadec, premier roi de Bretagne, quitta l'Angleterre pour venir
trouver Conan, et prit terre à l'île-de-Bréhat avec
sa famille et ses domestiques. Conan le reçut avec beaucoup de
tendresse et lui donna un établissement sur la petite rivière
de Gouet : c'est la paroisse que l'on nomme encore Ploufragan, nom de
son premier seigneur.- L'an 1409, le comte de Kent, Anglais, prit l'Ile-de-Bréhat,
en fit raser le château et fit mettre le feu à toutes les
maisons, qui furent réduites en cendres. Cette expédition
fit sortir tous les habitants, et l'île demeura quelque temps
déserte ; elle fut repeuplée dans la suite, mais toujours
exposée aux pillages de l'ennemi. Elle n'est jamais tranquille
en temps de guerre. -L'an 1437, le duc de Bretagne, qui avait confisqué
le comté de Penthièvre, donna la châtellenie et
l'Ile-de-Bréhat au comte de Richemont, qui s'en démit
à son tour, l'an 1451, en faveur de Jacqueline, sa fille naturelle,
épouse d'Arthur de Brécar. Cette île fut estimée
100 livres de rente ; le marc d'argent était alors à 8
livres 15 sous. Le duc François 1er confirma ce don, avec faculté
de rachat pour 3,000 réaux. L'an 1471, le vicomte de Martigues,
comte de Penthièvre, la recouvra.- Les habitants de Bréhat
n'avaient aucune forteresse dans leur île qui pût les mettre
en sûreté contre l'ennemi. Le duc de Mercoeur, qui fut
informé de la situation de ces malheureux, ordonna, l'an 1590,
d'y construire un fort sur les ruines de celui qui avait été
détruit, en 1409, par le comte de Kent. Les travaux de cet édifice
furent poussés avec beaucoup de vivacité, et, dès
que le fort fut achevé, les habitants de l'île, qui étaient
d'excellents marins, se mirent à courir les mers avec ce petits
vaisseaux armés, et s'emparaient de tout ce qu'ils trouvaient
sur la côte. Les Anglais qui étaient à Paimpol formèrent
le projet de prendre cette île, en 1591 ; mais ils trouvèrent
tant de résistance, qu'ils résolurent de l'affamer. Les
assiégés, qui manquaient de vivres, se virent forcés
de se rendre à discrétion. Ils essuyèrent les traitements
les plus rigoureux de la part des vainqueurs, qui eurent la cruauté
d'en faire pendre quinze à seize aux ailes des moulins à
vent les plus voisins de l'île. Les habitants de Saint-Malo ne
la laissèrent pas longtemps dans la possession des Anglais ;
ils la reprirent pour le duc de Mercoeur, qui y établit une forte
garnison. Celui-ci se vit enlever, à son tour, le fort de Bréhat,
par Henri de Kallec, commandant à Tréguier pour le roi
Henri IV, qui lui en donna le gouvernement. - Lettres- patentes de 1753,
portant que les habitants de l'Ile-de-Bréhat seront exempts de
fouages pendant quinze années.
L'île de Bréhat est pour l'Etat une pépinière
l'excellents marins. Depuis 1780, ellea fourni à la marine de
l'Etat huit capitaines de vaisseau, qui sont : le fameux Cornic, MM.
Obet, Cornic fils, Le Bozec (Charles), Le Bozec (Marie), Le Foretier
et Bigot, qui commandait en 1806 l'Impérial ; quatre capitaines
de frégate, neuf lieutenants de vaisseau et plusieurs enseignes,
Thomas (Pierre Joseph Louis), qui rendit, sous l'Empire, de grands services
à la flotte française dans l'Escaut, où il exerçait
la profession de pilote, et qui fut souvent consulté par Napoléon,
lors de la création du port d'Anvers, était né
à Bréhat. Thomas, nommé lieutenant de vaisseau,
chevalier de la Légion d'Honneur et pourvu d'une pension spéciale
de 3,000 fr., revint, dans ses vieux jours, à Bréhat,
et y mourut le 22 avril 1821. -il y a sur cette île sept corps
de garde et douze batteries.
Quelques mots d'histoire.
Qui nous dira les origines lointaines de l'île de Bréhat,
" pays de granit et de schiste émergé des eaux primitives
" ?
En l'année 56 avant Jésus-Christ, les Romains avaient
déjà conquis la Gaule et dompté les Armoricains,
fusion des indigènes et des Celtes venus l'Asie : Bréhat
vit passer, peut-être, les légionnaires de Jules César
L'un d'eux semble figé dans la masse du gros rocher qui défend
le Goaréva, à l'orée du Port-Clos.
Un dolmen, des haches, des grattoirs, des couteaux en silex taillé
trouvés dans l'île Lavret, proche de Bréhat, un
débris de villa gallo-romaine bâtie qu début du
IV e, sont nos plus anciens documents sérieux.
Or vers 470, un moine de Grande-Bretagne, saint Budoc, suivi de plusieurs
disciples (dont saint Guénolé qui, plus tard, fonda Landevennec,
et saint Jacut), débarqua dans l'île l'Avret, la purifia
des animaux venimeux qui la hantaient ( d'où la croyance que
la terre de l'île guérit les blessures de vipères),
et construisit sur les ruines de la villa gallo-romaine, qu'il remania,
les bâtiments communs de son couvent ; alentour, furent dispersées
des cellules circulaires pour ses moines, suivant l'usage cénobitique
des Bretons. L'île, vaste d'une dizaine d'hectares, devint monastère
et école. Les moines avaient donc avec les Bréhatins de
fréquents contacts ; ils partageaient leur vie entre la prière,
l'étude, l'enseignement, les travaux manuels. Saint Budoc baptisa
l'île " Breiz-Coat " (Bretagne des Bois), d'où
vient " Bréhat ".
Dans une île voisine, l'île Sauvage, un autre moine, venu
d'Irlande, et disciple de saint Tugdual, fonda vers 550 un monastère
dont il subsiste des ruines et une cellule, la sienne ; l'île
porte aujourd'hui son nom : l'île Saint-Maudez.
Tout cela ne prouve-t-il pas que Bréhat était habité
? Sinon, les moines l'auraient occupé de préférence
aux îlots, car il offrait des ressources plus abondantes.
Au XI e siècle, il ne reste plus rien de cette belle activité:
" Le grand silence des grèves règne sur l'îlot
perdu
". Que s'est-il donc passé ? Une invasion de
Barbares que l'Histoire n'aurait pas retenue ? (Les Hérules venus
de Scandinavie ? Les invasions normandes ?) un raz de marée formidable
balayant l'île et déchiquetant cette poussière de
récifs qui l'entourent ? Cela expliquerait-t-il les masses erratiques
qui se dressent dans l'intérieur, la fécondité
rare d'un sol enrichi de substances radio-actives, son climat exceptionnel
où le Gulf-stream n'a rien à voir ? (pourquoi les montres
se détraquent-elles si aisément dès qu'on aborde
l'île ?) Mystère
Au Moyen Age
Au Moyen Age, Bréhat repeuplé est devenu châtellenie
(Juridiction d'un seigneur) du compté de Penthièvre qui
s'étendait de Lamballe à Guingamp. Or, une charte de 1033
nous apprend que Geoffroy donna au prieuré de Saint-Martin de
Lamballe deux métairies sises dans l'île Bréhat,
" avec le bétail et les colons ".
En 1148, Eudes Pontius et Tréhen, son fils, offrent à
Saint-Magloire de Châtelauden le village de Kerrien (au N,-O.)
et l'église de Bréhat.
E, 1198, le Pape Innocent III, énumérant les possessions
de Saint-Riom, cite les églises de Bréhat et de l'île
Béniguet, proche de Bréhat.
E, 1214, ces deux îles sont encore nommées dans "
l'aumône " faite par Conan, frère du duc Alain, et
par sa femme Aliénor, à la même abbaye.
Donc, et Bréhat et Béniguet se trouvaient assez peuplés
pour obtenir un curé et payer des dîmes suffisantes pour
assurer son entretien. On dit même qu'il y avait à cette
époque six chapelles ou églises (l'une d'elles, Sainte-Barbe
? fut convertie en poudrière au XIX e . Deux autres tombaient
en ruines). Le gros de la population devait occuper l'actuel Gardeno
(au N.-E du bourg), face à l'île Lavret. C'est là
qu'au XIV e siècle dominait un château fort dont il reste
quelques ruines ; mais on ne sait qui l'a construit.
Quel genre de vie menaient les Bréhatins de cette époque
? sans doute étaient-ils comme ceux d'aujourd'hui pêcheurs
et fermiers, bien que la pêche et l'agriculture n'offrissent pas
les débouchés modernes :
Car là, tous les sillons sont creusés par les femmes :
Les hommes sont en mer et sillonnent les lames (Brizeux)
Quoi qu'il en soit, le grand mal de l'heure était la guerre,
ce terrible fléau qu'on entretient à plaisir. Vers 1407,
après le meurtre du duc d'Orléans par Jean sans Peur,
duc de Bourgogne, le clergé de Paris fit des prières "
pour donner au Princes l'esprit de Paix ". Peine perdue !
Le roi d'Angleterre, Edouard III, fatigué de rendre " hommage
" au roi de France pour les biens qu'il possédait sur notre
continent, se proclama roi de France lui aussi. Philippe VI releva le
gant : la guerre de Cent Ans commençait (1337-1453).
De plus, la Bretagne était indépendante : l'union ne fut
réalisée qu'à la mort de la reine Claude (fille
d'anne de Bretagne et de Louis XII), épouse de François
1er , par requête des Etats de Bretagne, le 4 août 1532.
Aussi, la guerre de Cent Ans, déjà pesante, s'alourdit
en Bretagne de rivalités de la famille de Penthièvre et
de Montfort qui, toutes deux, prétendaient à la couronne
ducale.
Au cours du XIV e siècle, Jean V, duc de Bretagne, en conflit
avec Marguerite de Clisson, duchesse de Penthièvre, invita l'amiral
anglais Edmond, comte de Kent, à le venger. Les Anglais débarquèrent
aussitôt dans l'île Lavret : le château fort fut pris,
malgré ses " bombardes " qui tonnaient à tout
rompre ; les maisons furent incendiées, les gens massacrés,
et les défenseurs pendus aux ailes du moulin du nord, Creac'h
ar Pot (1409). Mais l'amiral y laissa sa tête et les corsaires
malouins vengèrent les pauvres Bréhatins
L'île
resta déserte pendant 30 ans (les Anglais furent inhumés
dans le cimetière de Lavret).
En 1420, lors de la confiscation du Penthièvre, Bréhat.
Passa, avec le Goëlo dont il faisait partie, au comte Arthur de
Richemond (frère du duc Jean V), qui le donna à sa fille
Jaquette, laquelle, en 1566, le vendit à Sébastien de
Luxembourg, gouverneur de la Bretagne.
En 1504, Terre-Neuve fut explorée par d'audacieux matelots bretons.
Les Bréhatins, très bons marins, étendirent bientôt
jusqu'en Islande leur territoire de pêche ; ils eurent même,
à ce propos, maille à partir avec les moines de Beauport
qui leur rappelèrent " qu'en vertu d'un accord, ils devaient
la dîme sur tus poissons, pris aussi bien an Islande qu'à
Terre-Neuve, où ils avaient coutume d'aller depuis 40, 50 et
60 ans ". On les rencontrait, dit-on, jusque sur les rivages du
Labrador, bien avant Christophe Colomb (1492-1498). Or, en 1484, le
corsaire Coatanlem, d'origine bréhatine, quittait la Bretagne
à la suite d'une affaire où il avait fait prisonniers
des marins anglais de Bristol et s'établissait à Lisbonne
; il s'y rencontrait avec Christophe Colomb, lui révélait
l'existence du Nouveau-Monde et lui en indiquait la route. Notons qu'aux
VIII e et IX e siècles les Norvégiens avaient atteint
le Groenland et la côte orientale de l'Amérique du Nord.
Pis, vinrent les guerres de Religion (1589-1598), plus politiques, au
fond, que religieuses, où la Ligue se dressa contre Henri de
Navarre, héritier présomptif de la couronne de France
et
protestant. En Bretagne, le duc de Mercoeur, chef de la Ligue, s'installa
dans Bréhat et releva le château fort (1590). L'année
suivante, le général anglais Norris, partisan du futur
Henri IV, débarqua dans l'île et pendit les résistants
aux ailes du moulin sud, Creac'h Tarek. De nouveau, les Ligueurs se
portèrent au secours de Bréhat : pillages et tueries commencèrent
; les Espagnols alliés tinrent même garnison et s'entourèrent
d'un retranchement au lieu-dit " Bec per ar Ouen ", qui est
à l'entrée du Port-Clos la presqu'île de droite
parallèle au Goaréva, à gauche ; on l'appelle parfois
" la point des Espagnols ". Ces soudards ne se gênèrent
pas
Et quand la reine Elisabeth envoya d'Angleterre des renforts
pour déloger les Espagnols, les Bréhatins ne furent pas
épargnés ; l'île, une fois de plus, se vit quasi
dépeuplée.
Sous le roi Louis XIII
L' époque du roi Louis XIII (1610-1643) semble avoir été
plus paisible. Sur le plan religieux, Bréhat devint une "
succursale " (on dit maintenant " desserte "), une "
trêve " de l'abbaye de Beauport en Kérity (près
de Paimpol), où les Pères Prémontrés acceptèrent
d'assurer le culte ; ainsi, jusqu'à la Révolution, le
" recteur " du prieuré de Bréhat touchait la
portion " congrue " (convenable), et le tiers de la dîme
que le duc de Penthièvre percevait à la " douzième
gerbe ". Le recteur avait, de plus, une chapellenie, Kéranroux
(île nord), dépendant de l'évêché de
Dol : sa paroisse embrassait en outre l'île Béniguet.
Sous le règne de Louis XIV (1643-1715), Vauban, ingénieur
militaire et maréchal de France, recommanda, dans une lettre
datée de Brest (1er juin 1695), de fortifier, pour la défense
des côtes, Paimpol et Bréhat. Il y fit installer une batterie
côtière et relier les deux tronçons de l'île
par une chaussée, le Pont ar Prad (Pont de la pairie), ou "
Pont Vauban ".
Bientôt des rivalités s'élevèrent entre la
France et l'Angleterre, qui devaient accabler lourdement les peuples
et notamment les régions côtières . Bréhat
dut encore payer tribut. Mais, cette fois, les Bréhatins se distinguèrent
dans la guerre " de course " et s'avérèrent
de hardis " corsaires " : les capitaines Corouge et Lambert
(pour ne citer qu'eux) sont encore célèbres dans l'île.
En effet, les chaloupes anglaises venaient croiser à l'entrée
du Sillon du Talberg, et s'efforçaient de capturer ou de couler
bas les moindres bateaux de pêche qui osaient prendre la mer.
Sous Louis XV (1715-1774), les choses allèrent de mal en pis.
La guerre de Succession d'Autriche (1741-1748), puis la guerre de Sept
Ans (1756-1763) aggravèrent la misère des gens de l'île,
tant par la pénurie où chacun fut réduit, que par
la charge écrasante de la " presse " (enrôlement
forcé dans la marine militaire) qui décimait sans répit
les populations maritimes.
C'est en 1720, qu'un Anglais de Guernesey, Brocke, enseigna aux pêcheurs
Bréhatins comment on capturait les homards à l'aide de
" casiers ". Ce fut à l'époque une affaire d'or
!
Au début du règne de Louis XVI (1774-1793), un Bréhatin,
l'amiral Cornic, qui avait aménagé le Port-Clos, fut chargé
par le Gouvernement de rendre plus accessible l'entrée de la
rade de Morlaix.
Pendant la guerre d'Amérique (1774-1783), où la participation
française (La Fayette) fixa la victoire et l'indépendance
américaine, les frégates anglaises avaient fort à
faire pour se protéger contre les terribles corsaires malouins.
Bréhat, fortifié, servait alors de point d'appui au système
de défense : il y avait des batteries d'artillerie au Pann, aux
îles Morbic, Lavret, Raguenès et Logodec ; chacun veillait,
dans la crainte d'un débarquement anglais, comme cela s'était
produit dans l'île Saint-Riom (au large de Pors-Even) où
tout avait été rasé.
La frégate l'Oiseau, après un violent combat contre des
vaisseaux anglais, en mars 1781, n'eut que le temps de se réfugier
dans le port de la Chambre, sous la protection des canons de Logodec.
Sous la révolution
La Révolution de 1789 n'arrangea point les affaires de Bréhat
ni des guerres du Consulat (1799(1804), ni celles de l'Empire (1804-1815).
En 1805, un détachement de cavalerie, qui avait eu le malheur
de perdre son étendard, fut mis à pied dans l'île
et condamné à coucher tout un hiver sous la tente, au
milieu de la plaine battue par les vents du nord, là où
s'élève aujourd'hui la villa du poète Haraucourt.
Sur un autre plan, ce fut une période glorieuse pour nos armes.
Il fallait protéger les côtes sans cesse menacées
par les croisières anglaises de la Manche. La défense
était assurée par des détachements de troupes de
ligne et des canonnières garde-côtes ; Bréhat...