Arcouest
Bourg
Brocante G. Mével
Camping
Chaise de Renan
Chapelle Kéranroux
Chapelle Saint-Michel
Chemins de l'île
Corderie (port de la)
Croix de Maudez
Ferlès
Ile Lavrec
Ile Logodec
Kerpont
Maisons de charme
Moulin du Birlot
Moulin île Nord
Moulin île Sud
Palmiers
Phare du Paon
Phare du Rosédo
Plage du Guerzido
Pont Vauban
Port-Clos
Sémaphore
Tour Blanche
Verreries et citadelle
Vedettes d'aujourd'hui
Vedettes d'autrefois
Végétation de l'île



Mesure audience

L'essentiel des textes qui suivent proviennent des Archives Départementales de Saint-Brieuc. Certains, d'apparence ressemblants, s'avèrent être complémentaires. Pour que l'appétit des plus curieux soit satisfait…
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.....Recherches réalisées en coopération avec Martine Cavalec
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... ILE DE BREHAT (doc 1)
Historique
.....Abri sous Roche
.....Abri sous Roche Préhistorique
.....Kervarabès
.Croix Mérovingienne
.....Vestiges de la chapelle Saint-Riom
.....Moulin du Nord
.....Moulin de Krec'h-Tarek
.....Linteau
.Moulin à marée du Birlot
.....Pont Ar-Prat
.....Croix de Kerano
.Eglise Notre-Dame ( Chœur, Pierres
.....Tombales, Maquette de bateau
.....Vierge au Rosaire)
.Maison du corsaire Corouge
.....Maison Cornic
.....Socle de Croix
.....Guérite et batterie
.....Poudrière
.....Chapelle Saint-Michel
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18-

Croix de Modez
....Chapelle de Keranroux
....EX-VOTO

Fort
....Abri du canot du sauvetage
....Phare

....ILE DE BREHAT (doc 2)
Généralités
Les édifices
L'île et les îlots
Classement de site
Succession des principaux évènements
Les personnages célèbres

....ISLE DE BREHAT (doc 3)
Généralités

Quelques mots d'histoire.
Au Moyen Age
L' époque du roi Louis XIII
....Sous le règne de Louis XIV
....Sous Louis XV
La Révolution

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La guerre de 1914-1918..
....Celle de 1939-1945

Le Bréhat d'aujourd'hui
....L'île Lavret
Le paléolithique de l'île de Bréhat
.....Marées et courants
Historique
Eclairage et balisage
Commerce
....Bibliographie
L'homme de néandertal dans la région de ....Paimpol

.... LES PREMIERS SIECLES ....DE BREHAT
Préhistoire
Période Romaine
Moyen-Age

..." Le Mystère" Khan

Une affaire d'espionnage à Bréhat
 

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13) la fontaine Saint-Riom, à côté des ruines de la chapelle Saint-Riom, dans l'île nord ;
14) plusieurs maisons du bourg (XVII e -XVIII e s.) ; notamment celles des corsaires Foury (1611) et Corrouge (1723), l'école maternelle (1714), une auberge (XVIIIè s.), une maison à tour carrée (XVII e s. et 1721) et deux autres maisons (1659 et 1718) ;
15) un bénitier en granit, à godrons, près de l'ancienne mairie. Il semble provenir de l'église ;
16) deux maisons (1749 et 1777) et une pierre réemployée (1582), au Port-Clos
17) la maison dite de l'amiral Cornic (1767) et celle qui est considérée comme sa maison natale (1735), toutes deux à Crech Tarek ;
18) une maison de corsaire à Crech Briand (vers 1749) ;
19) le moulin à vent de Crech ar Pot (1748) ;
20) le moulin à vent de Crech Tarek (1682) :
21) le moulin à marée du Birlot ;
22) plusieurs autres maisons anciennes à l'étang du Birlot, à Armez Quef (1766), à Bellevue, à Crech ar Pot, à Crech Esquen (chaumière et autre maison XVIII e s.), à Crech Guen (XVIII e s.), à Crech Kerio (1678), à Cech Simon (1735 et 1784), au Gardeno (chaumière de 1763 et autres maisons de 1761 et 1787), à Kerarguilis (XVIII e s.), à Kergoareva, à Kermiquel (1781, dont celle du corsaire Brugon) et à Kerverrien ;
23) le site archéologique de l'abri du Goareva, à l'entrée du Port-Clos (Paléolithique moyen). Cet abri, aujourd'hui situé au bord de la mer, se trouvait en pleine terre à l'époque où il était habité ;
24) les ruines du monastère de l'île Verte (Moyen Age) ;
25)le site archéologique de la fondation Haraucourt, à Plasemm al Lomm (Paléolithique supérieur) ;

L'île et les îlots:
L'archipel de Bréhat se compose de deux grandes îles et de nombreux îlots. Les deux grandes îles sont l'île sud, la principale, où se trouve le bourg, et l'île nord. Ces deux îles sont réunies aujourd'hui par le Pont Vauban et par la digue qui a été ajoutée en 1756 ou peu après.
L'îlot le plus étendu est Béniguet, cité dus 1198 dans une bulle de Saint-Rion (ecclestam Binivet, insulam de Biniwit). Cet îlot, où il y eut une église au Moyen Age et qui était très habité au XVIII e siècle, ne possède plus qu'une ferme et deux maisons d'habitation, à côté de nombreuses ruines.

Deux autres îlots d'une certaine importance sont l'île Lavret, occupée par des moines au Vè siècle, et l'île Logodec. Les plus pitits ont pour nom :
1) à l'est : Ragenez Meur, Ragenez Vian, Roch Du, Roch Louet, Seheres, Voulc'h, Ar Ouis et Morbic ;
2) et à l'ouest : Ragenez, la Chèvre, le Bouc, les Agneaux, les trois îles, l'île Verte (où un couvent de Cordeliers existait sous l'Ancien Régine), Roch Losquet, Crouezen, Liorzou et (dans la baie de la Corderie) Roch Velen.

Classements de site
Il y a eu plusieurs classements ou inscriptions de site :
1) l'île de Bréhat (sans autre précision) fut classée parmi les sites et monuments naturels de caractère artistique par arrêté ministériel du 13 juillet 1907. Cet arrêté, où le seul consentement de la commune est mentionné, ne s'appliquait donc qu'aux parcelles appartenant à celle-ci ;
2) l'accord de l'écrivain Edmond Haraucourt ayant été obtenu, le classement fut étendu aux parcelles A 211- A 231, lui appartenant, par arrêté du 14 février 1929 ;
3) la pointe de Goareva ou de la Citadelle (C 1448-1455, 1503-1505,1509-1620) fut inscrite à l'inventaires des sites le 30 juillet 1935 ;
4) le moulin à marée du Kerpont et ses dépendances fut classé comme site le 9 mai 1940 ;
5) le 12 mars 1964, l'inscription fut étendue à la totalité de l'archipel de Bréhat ;
6) le domaine public maritime, y compris les rochers ou écueils, sur une profondeur de 500 m en direction du large, à partir de la limite terrestre, a été classé parmi les sites le 26 mars 1980 ;
7) enfin par décret du 30 juin, l'archipel fut ensuite classé en partie parmi les sites pittoresques. Ce décret s'applique à l'île sud (croix Maudez, étang du Birlot, le Fort, le Port-Clos), l'île nord (sections A1, A2, A3, à l'exception de A3 960, 963-970), et, pour les îles secondaires, les sections A1 (îles ar Mobil et ar Ouis), A2 (Voulch et Seheres), B (Raguenès-Meur, Raguenès-Vian, Roch-Losquedic, Lavrec, Poch-Ru, Logodec), C1 (Raguenec, Guillamgor, île Verte, C2 (ar Voul, le Groueren, Biniquet) et les îles non cadastrées.
Cependant les parcelles suivantes de l'île nord sont seulement inscrites :
A1 9-11 , 48-55, 256-261, 268, 290p, 291, 292, 294-296,1534,1535.
En dehors des sites déjà nommés, il fait signaler tout particulièrement :
8) la butte Saint-Michel, point culminant marqué par une croix ancienne. La chapelle Saint-Michel a été construite au XIX siècle sur cette butte, d'où la vue s'étend sur une partie de l'archipel ;
9) le phare du Paon, dans l'île nord ;
10) le phare du Rosédo, aussi dans l'île nord ;
11) le sémaphore, situé sans l'île nord. Ce sémaphore figure sur le tableau des postes électro-sémaphoriques annexé à la loi du 18 juillet 1895 ;
12) les chemins creux bordés de murs
Pour mieux préserver le site, on a interdit la circulation des véhicules automobiles dans la commune, ne faisant exception que pour des tracteurs, une ambulance, la voiture des pompiers et les vélomoteurs du médecin et du garde-champêtre.

Succession des principaux évènements:
Voici dans l'ordre chronologique, la succession des principaux évènements qui ont jalonné le passé de cet archipel :
1) à la fin du Vè siècle, un monastère fut fondé par saint Budoc dans l'île Lavret. On voyait encore des traces de cellules circulaires, lors des fouilles faites par l'abbé Lasbleis vers 1890. Ce monastère fut occupé au moins jusqu'au milieu de VIII e siècle (Plan, à la fin du t. Ier de l'Hist. de Bret. De la Borderie, 1905) ;
2) entre 1184 et 1198, les églises de Bréhat et de Béniguet furent données à l'abbaye de Saint-Rion ;
3) en 1202 l'église de Bréhat et l'île de Béniguet furent données à l'abbaye de Beauport ;
4) en 1219 Jean, évêque de Dol, autorisa les paroissiens de Bréhat à avoir un prêtre résidant dans l'île (quod parrochiani de Brihiat habeant presbiterum residentem in eadem insula. Anc. Ev. IV, 72) ;
5) le 18 mai 1244, l'évêque de Dol notifia à celui de Saint-Brieuc la sentence d'interdit et d'excommunication portée contre les paroissiens de Bréhat, parce qu'ils refusaient de payer les dîmes (Anc. Ev. IV, 117) ;
6) en 1409 le château de Bréhat, qui appartenait à la Ctesse de Penthièvre, fit assiégé par une armée anglaise, commandée par Edmond, Cte de Kent, agissant pour de duc de Bretagne Jean V. Le château ne fut pas pris mais l'île fut ravagée et dépeuplée par les
Anglais ;
7) vers 1422 le château de Bréhat, ayant été confisqué par le duc de Bretagne sur la Comtesse de Penthièvre, fut abattu et rasé, sur son ordre. La seigneurie de l'île fit désormais partie de l'apanage d'Arthur de Bretagne, frère du duc ;
8) le 12 décembre 1423, le duc Jean V confirma le privilège des habitants de Bréhat d'être francs et exempts de fouages. Cette faveur leur avait été accordée parce qu'ils étaient exposés au pillage des gens de guerre et notamment des Anglais. Le titre primitif, qui avait été accordé par le duc Jean IV (1364-1399), était alors perdu. Il fut aussi renouvelé en 1429 et 1436 (Lettres de Jean V, n° 1575, 1845, 2197 ; Rec. Des actes de Jean IV, n°1195). Le privilège était encore en vigueur au XVIII e siècle et devait alors être renouvelé tous les neuf ans (Arch. Des C.-d'A., H Beauport, carton 65) ;
9) en 1434 fut fondé le couvent des cordeliers de l'île Verte. Ce couvent devint un couvent de Récollets, qui dura jusqu'à la Révolution (d'après Ogée, Dict. de Bret., I, 1843, p.392) ;
10) le 19 janvier 1450, Jacqueline de Bretagne, fille légitimée d'Arthur de Bretagne et femme d'Arthur Brécart, reçut de son père la seigneurie de Bréhat (Arch. Des C.-d'A., I E 1309) ;
11) le 19 décembre 1566, Catherine Brécart, épouse de Jean Le Chapponnier, vendit à Sébastien de Luxembourg, Cte de Penthièvre, la seigneurie de l'île de Bréhat ;
12) le 12 mai 1591 ou après, l'île de Bréhat ,qui appartenait au duc de Mercoeur, chef de la ligue, fut prise par les Anglais, commandés par Norris, et par un parti de l'armée royale française, commandé par Kergomar ;
13) dès le 3 juin 1591, l'île fur reprise pour la Ligue par un parti de Malouins venus par mer et commandés par Jean Jonchée des Portes ;
14) en 1594 l'île fut reprise par les Royaux du capitaine Coatallec, qui en fut nommé gouverneur ;
15) le 6 août 1599, Pierre Balavenne, gendre de Catherine Brécart, transigea avec la duchesse de Mercoeur et lui céda définitivement la seigneurie de l'île de Bréhat, dont la vente de 1566 avait été contestée pour lésion de plus de moitié prix ;
16) au début de mars 1600, le capitaine ligueur Guy Eder de la Fontenelle fut arrêté à Bréhat et conduit au château de Nantes, où il fut emprisonné le 7 mars ;
17) vers août 1642, le P. Maunoir vint prêcher une mission à Bréhat ;
18) le 7 février 1726 fut bénie la chapelle Saint-Simon et Saint-Jude de l'île l'Avret
(état civil) ;
19) le 6 avril 1795 le Vieux château, qui appartenait précédemment au duc de Penthièvre, fut vendu comme bien national ;
20) de septembre à novembre 1832, le choléra sévit à Bréhat. L'évêque de Saint-Brieuc, Mathias de la Romagère, vint apporter ses encouragements aux Bréhatins ;
21) le 19 juin 1858 furent adjugés les travaux des fanaux du Rosédo et du Paon, prévus pour signaler aux navigateurs la roche de la Horaine. Ces deux fanaux furent allumés le 4 août 1860 (Arch. Des C.-d'A., 11S 7/97) ;
22) en 1863, fut construit le fort de Bréhat ;
23) par décret du 3 mai 1865 a été autorisée la construction d'un phare sur le plateau des Roches-Douvres, au large de Bréhat. Ce phare a été allumé à titre provisoire le 15 décembre 1868 et définitivement, après de nouveaux travaux, le 6 août 1869 (11S 101) ;
24) le 15 juin 1929, le Conseil général des Côtes-du-Nord vota une subvention pour organiser un service régulier des vedettes à moteur desservant l'île de Bréhat à partir de l'Arcouest en Ploubazlanec. Un contrat fut passé avec Mme André Colin, armateur, le 29 juin 1931 (75 S 4)
25) le 14 février 1942, la vedette le Korrigan partit clandestinement de Bréhat pour l'Angleterre avec six personnes à bord ;
26) le 4 août 1944, les Allemands quittèrent l'île après avoir fait sauter les phares du Paon et du Rosédo ;
27) le 17 août 1944, des éléments de l'armée américaine et des F.F.I débarquèrent à Bréhat.

Les personnages célèbres
Parmi les personnages connus dont le nom se rattache à l'histoire de l'île-de-Bréhat, on découvre surtout, jusqu'à la Restauration, des marins originaires de la commune et, depuis, des notables étrangers au pays qui ont trouvé là un lieu de séjour agréable pour écrire, peindre ou passer leurs vacances ;
1) Pierre-François Cornic du Moulin, né à Bréhat le 23 juillet 1731, contre-amiral (24 octobre 1793). Il fut nommé vice-amiral (31 octobre 1795) mais cette nomination fut rapportée un mois plus tard. Cornic du Moulin fut suspendu pour " incivisme " (janv. 1798) et réformé (juillet). Il mourut à Bréhat le 11 avril 1801. On y montre, à Crech Tarek, sa maison " natale " (bien que datée de 1735) et la maison qu'il aurait habitée plus tard ;
2) Charles Cornic du Chêne, cousin germain du précédent, né à Morlaix (Fin.) le 5 septembre 1731, d'une famille bréhatine. Lieutenant de frégate (1757) puis lieutenant de vaisseau (1764), chevalier de Saint-Louis (1773), capitaine de vaisseau (1778), il devint colonel général de l'artillerie à Bordeaux (1790) et mourut à Morlaix le 12 septembre 1809. Une statue lui a été élevée dans cette ville en 1897 ;
3) Martin Le Forestier, né à Bréhat le 27 juillet 1759, capitaine de vaisseau (18 juillet 1808), officier de la Légion d'honneur, chevalier de Saint-Louis, admis à la retraite de 1er novembre 1817 et mort à Bréhat le 23 juillet 1835 ;
4) Pierre-Marie baron Le Bozec, né à Bréhat le 28 avril 1769, capitaine de vaisseau (24 septembre 1803), admis à la retraite en 1823 et mort à Bréhat le 15 mai 1829 (Levot. Biogr. Bret., I 197). La famille Le Bozec a compté plusieurs officiers de marine (Kerviler, Biobibl. Bret., VI 127)
5) Alfred Guezenec, né à Bréhat le 25 septembre 1822. Fils d'un lieutenant de vaisseau, il voyagea d'abord dans touts les parties du monde puis se fixa à Paris, où il publia, à partir de 1857, de nombreux romans, avec le pseudonyme d'Alfred de Bréhat, tout en collaborant à l'Opinion nationale et à la Patrie. Il mourut à Paris le 20 janvier 1866 (P. Larousse, Grand dict. univ. du XIX e s., II 1867) ;
6) Gaston Variot, né à Demigny (S.-et-L.) en 1855, médecin des hôpitaux (1889), auteur d'un Traité d'hygiène infantile et l'importantes initiatives et recherches en pédiatrie. Il fut médecin-chef de l'hôpital des Enfants assistés de Paris et mourut dans cette ville de 18 février 1930. Il passait l'été à Bréhat où il se fit construire une maison au Guersido. Il fit aussi des recherches archéologiques à l'île Lavret ;
7) Edmond Haraucourt, né à Bourmont (H.-M.) en 1856, poète et romancier, conservateur du musée de Cluny. On cite souvent cet extrait de Rondel de l'adieu : " Partir, c'est mourir un peu ". Il a séjourné à Bréhat, où il possédait une propriété qui fut classée comme site en 1929. Cette propriété sur laquelle se trouve un gisement paléolithique a été léguée à la cité universitaire de Paris (fondation Haraucourt). Il est mort à Paris le 18 novembre 1941 ;
8) Auguste Matisse, né à Nevers le 12 mai 1866, peintre de marines et de décorations, mort le 19 septembre 1931, inhumé à Bréhat ;
9) André-César Vermare, né à Lyon le 27 novembre 1869, sculpteur, 2e grand prix de Rome (1897), puis 1er grand prix de Rome (1898). A Bréhat, il fit restaurer et habita les chaumières de Maudez. Il mourut en 1960 et fut inhumé à Bréhat ;
10) Lucien Seevagen, né à Chaumont (H.-M.) le 29 janvier 1887, originaire de Norvège, peintre de paysages marins et d'architectures, aqua-artiste. Gazé en 1915, il fut évacué à Bréhat pour y passer sa convalescence et, depuis, il peignit une partie de l'année dans cette île où il est mort le 25 juin 1959 (Bénézit) ;
11) Anders Osterlind, né à Lépaud (Creuse) le 19 juin 1887, fil du peintre suédois Allan O. (mort en 1938) et d'une mère française. Peintre, il séjourna à Bréhat et y peignit des intérieurs Bréhatins. Il peignit aussi la chapelle de la Clarté en Perros-Guirec. Il signa ses peintures des ses prénoms et nom jusqu'en 1939 puis Osterlind tout court après cette date. Il mourut le 5 janvier 18960. Son fils Nanic O. (1909-1943) fut peintre de gouaches (Bénézit) ;
12) Mme Wilborts, née Suzanne Gibbons. Elle naquit à Paris vers 1891, participa comme infirmière à la guerre de 1914-1918 puis à la Résistance sous le pseudonyme de Sidonie. Chef du sous-réseau de renseignements Bretagne-Nord, elle fut arrêtée à Bréhat le 22 mai 1942, ainsi que son mari et sa fille Yvette, dite Marie-Jo. Elle fit déportée à Ravensbrück puis à Mathausen, d'où elle revint le 22 avril 1945. Elle a publié ses souvenirs de cette période sous le titre Pour la France (4e trim. 1946). Elle mourut à Paris en 1957 ;
13) Louis Guillaume, né à Paris le 18 décembre 1907. Après avoir passé son enfance à Bréhat chez sa grand-mère, il publia de nombreux volumes de poésie depuis 1928 et tint quotidiennement un journal de 47 cahiers restés inédits. Directeur d'école à Paris (9, rue de Moussy, 4e arr., où une plaque commémorative a été apposée), il mourut dans cette ville le 25 décembre 1971. E, 1974 la Monnaie de Paris a frappé une médaille à son effigie et un médaillon a été apposé à Bréhat sur le Tertre-Briand ;
14) André Barsacq, né à Feodossia (Ukraine) le 24 janvier 1909, directeur du théâtre de l'Atelier (1940), metteur en scène. Il séjournait à Bréhat dans sa maison de Crech Simon. Il est mort à Paris le 3 février 1973.

A séjourné à Bréhat de 1961 à 1963 le général Valentin Gonzalees dit el Campesino, qui commandait l'armée républicaine de Catalogne pendant la guerre d'Espagne. Réfugié en Russie, où il fut reçu par Staline puis déporté, il fut ensuite réfugié politique à Cuba et en France. Ayant animé un maquis contre le Gal Franco, dans les Pyrénées, il fut arrêté et assigné à résidence dans l'île de Bréhat (24 août 1961). Il y habita au Rertre-Braind puis à Saint-Michel. Libéré en août 1963, il se fixa en Moselle (Kerleveo, Paimpol, 56)f. Il a publié chez Plon en 1950 : La Vie et la mort en URSS. 1939-1945.

ISLE DE BREHAT (doc3)

Génaralités:
A 20L. ½ à l'O.-N.-O de Dol, son évêché [aujourd'hui Saint-Brieuc] ; à 25L. ½ de Rennes, et à 1L. ¾ de Paimpol, sa subdélégation. Elle ressortit au siége royal de Saint-Brieuc. On y compte 800 communiants. La cure est présentée par l'abbé de Beauport. Cette île a titre de châtellenie ; elle dépend du duché de Penthièvre, et contient environ trois cents arpents de terrain ; elle est à une demi-lieue dans la mer, à l'embouchure de la rivière de Trieuc, qui sépare les évêchés de Saint-Brieuc et de Tréguier. Nous ignorons pourquoi elle dépend de l'évêché de Dol. On voit, dans les environs, de petites îles habitées, des rochers et des bancs de sable. La haute-justice de Bréhat s'exerce à Paimpol et appartient à M. le duc de Penthièvre- L'an 418, Fracan, parent de Conan Meriadec, premier roi de Bretagne, quitta l'Angleterre pour venir trouver Conan, et prit terre à l'île-de-Bréhat avec sa famille et ses domestiques. Conan le reçut avec beaucoup de tendresse et lui donna un établissement sur la petite rivière de Gouet : c'est la paroisse que l'on nomme encore Ploufragan, nom de son premier seigneur.- L'an 1409, le comte de Kent, Anglais, prit l'Ile-de-Bréhat, en fit raser le château et fit mettre le feu à toutes les maisons, qui furent réduites en cendres. Cette expédition fit sortir tous les habitants, et l'île demeura quelque temps déserte ; elle fut repeuplée dans la suite, mais toujours exposée aux pillages de l'ennemi. Elle n'est jamais tranquille en temps de guerre. -L'an 1437, le duc de Bretagne, qui avait confisqué le comté de Penthièvre, donna la châtellenie et l'Ile-de-Bréhat au comte de Richemont, qui s'en démit à son tour, l'an 1451, en faveur de Jacqueline, sa fille naturelle, épouse d'Arthur de Brécar. Cette île fut estimée 100 livres de rente ; le marc d'argent était alors à 8 livres 15 sous. Le duc François 1er confirma ce don, avec faculté de rachat pour 3,000 réaux. L'an 1471, le vicomte de Martigues, comte de Penthièvre, la recouvra.- Les habitants de Bréhat n'avaient aucune forteresse dans leur île qui pût les mettre en sûreté contre l'ennemi. Le duc de Mercoeur, qui fut informé de la situation de ces malheureux, ordonna, l'an 1590, d'y construire un fort sur les ruines de celui qui avait été détruit, en 1409, par le comte de Kent. Les travaux de cet édifice furent poussés avec beaucoup de vivacité, et, dès que le fort fut achevé, les habitants de l'île, qui étaient d'excellents marins, se mirent à courir les mers avec ce petits vaisseaux armés, et s'emparaient de tout ce qu'ils trouvaient sur la côte. Les Anglais qui étaient à Paimpol formèrent le projet de prendre cette île, en 1591 ; mais ils trouvèrent tant de résistance, qu'ils résolurent de l'affamer. Les assiégés, qui manquaient de vivres, se virent forcés de se rendre à discrétion. Ils essuyèrent les traitements les plus rigoureux de la part des vainqueurs, qui eurent la cruauté d'en faire pendre quinze à seize aux ailes des moulins à vent les plus voisins de l'île. Les habitants de Saint-Malo ne la laissèrent pas longtemps dans la possession des Anglais ; ils la reprirent pour le duc de Mercoeur, qui y établit une forte garnison. Celui-ci se vit enlever, à son tour, le fort de Bréhat, par Henri de Kallec, commandant à Tréguier pour le roi Henri IV, qui lui en donna le gouvernement. - Lettres- patentes de 1753, portant que les habitants de l'Ile-de-Bréhat seront exempts de fouages pendant quinze années.

L'île de Bréhat est pour l'Etat une pépinière l'excellents marins. Depuis 1780, ellea fourni à la marine de l'Etat huit capitaines de vaisseau, qui sont : le fameux Cornic, MM. Obet, Cornic fils, Le Bozec (Charles), Le Bozec (Marie), Le Foretier et Bigot, qui commandait en 1806 l'Impérial ; quatre capitaines de frégate, neuf lieutenants de vaisseau et plusieurs enseignes, Thomas (Pierre Joseph Louis), qui rendit, sous l'Empire, de grands services à la flotte française dans l'Escaut, où il exerçait la profession de pilote, et qui fut souvent consulté par Napoléon, lors de la création du port d'Anvers, était né à Bréhat. Thomas, nommé lieutenant de vaisseau, chevalier de la Légion d'Honneur et pourvu d'une pension spéciale de 3,000 fr., revint, dans ses vieux jours, à Bréhat, et y mourut le 22 avril 1821. -il y a sur cette île sept corps de garde et douze batteries.

Quelques mots d'histoire.
Qui nous dira les origines lointaines de l'île de Bréhat, " pays de granit et de schiste émergé des eaux primitives " ?
En l'année 56 avant Jésus-Christ, les Romains avaient déjà conquis la Gaule et dompté les Armoricains, fusion des indigènes et des Celtes venus l'Asie : Bréhat vit passer, peut-être, les légionnaires de Jules César… L'un d'eux semble figé dans la masse du gros rocher qui défend le Goaréva, à l'orée du Port-Clos.
Un dolmen, des haches, des grattoirs, des couteaux en silex taillé trouvés dans l'île Lavret, proche de Bréhat, un débris de villa gallo-romaine bâtie qu début du IV e, sont nos plus anciens documents sérieux.
Or vers 470, un moine de Grande-Bretagne, saint Budoc, suivi de plusieurs disciples (dont saint Guénolé qui, plus tard, fonda Landevennec, et saint Jacut), débarqua dans l'île l'Avret, la purifia des animaux venimeux qui la hantaient ( d'où la croyance que la terre de l'île guérit les blessures de vipères), et construisit sur les ruines de la villa gallo-romaine, qu'il remania, les bâtiments communs de son couvent ; alentour, furent dispersées des cellules circulaires pour ses moines, suivant l'usage cénobitique des Bretons. L'île, vaste d'une dizaine d'hectares, devint monastère et école. Les moines avaient donc avec les Bréhatins de fréquents contacts ; ils partageaient leur vie entre la prière, l'étude, l'enseignement, les travaux manuels. Saint Budoc baptisa l'île " Breiz-Coat " (Bretagne des Bois), d'où vient " Bréhat ".
Dans une île voisine, l'île Sauvage, un autre moine, venu d'Irlande, et disciple de saint Tugdual, fonda vers 550 un monastère dont il subsiste des ruines et une cellule, la sienne ; l'île porte aujourd'hui son nom : l'île Saint-Maudez.
Tout cela ne prouve-t-il pas que Bréhat était habité ? Sinon, les moines l'auraient occupé de préférence aux îlots, car il offrait des ressources plus abondantes.
Au XI e siècle, il ne reste plus rien de cette belle activité: " Le grand silence des grèves règne sur l'îlot perdu… ". Que s'est-il donc passé ? Une invasion de Barbares que l'Histoire n'aurait pas retenue ? (Les Hérules venus de Scandinavie ? Les invasions normandes ?) un raz de marée formidable balayant l'île et déchiquetant cette poussière de récifs qui l'entourent ? Cela expliquerait-t-il les masses erratiques qui se dressent dans l'intérieur, la fécondité rare d'un sol enrichi de substances radio-actives, son climat exceptionnel où le Gulf-stream n'a rien à voir ? (pourquoi les montres se détraquent-elles si aisément dès qu'on aborde l'île ?) Mystère…

Au Moyen Age
Au Moyen Age, Bréhat repeuplé est devenu châtellenie (Juridiction d'un seigneur) du compté de Penthièvre qui s'étendait de Lamballe à Guingamp. Or, une charte de 1033 nous apprend que Geoffroy donna au prieuré de Saint-Martin de Lamballe deux métairies sises dans l'île Bréhat, " avec le bétail et les colons ".
En 1148, Eudes Pontius et Tréhen, son fils, offrent à Saint-Magloire de Châtelauden le village de Kerrien (au N,-O.) et l'église de Bréhat.
E, 1198, le Pape Innocent III, énumérant les possessions de Saint-Riom, cite les églises de Bréhat et de l'île Béniguet, proche de Bréhat.
E, 1214, ces deux îles sont encore nommées dans " l'aumône " faite par Conan, frère du duc Alain, et par sa femme Aliénor, à la même abbaye.
Donc, et Bréhat et Béniguet se trouvaient assez peuplés pour obtenir un curé et payer des dîmes suffisantes pour assurer son entretien. On dit même qu'il y avait à cette époque six chapelles ou églises (l'une d'elles, Sainte-Barbe ? fut convertie en poudrière au XIX e . Deux autres tombaient en ruines). Le gros de la population devait occuper l'actuel Gardeno (au N.-E du bourg), face à l'île Lavret. C'est là qu'au XIV e siècle dominait un château fort dont il reste quelques ruines ; mais on ne sait qui l'a construit.
Quel genre de vie menaient les Bréhatins de cette époque ? sans doute étaient-ils comme ceux d'aujourd'hui pêcheurs et fermiers, bien que la pêche et l'agriculture n'offrissent pas les débouchés modernes :
Car là, tous les sillons sont creusés par les femmes :
Les hommes sont en mer et sillonnent les lames (Brizeux)
Quoi qu'il en soit, le grand mal de l'heure était la guerre, ce terrible fléau qu'on entretient à plaisir. Vers 1407, après le meurtre du duc d'Orléans par Jean sans Peur, duc de Bourgogne, le clergé de Paris fit des prières " pour donner au Princes l'esprit de Paix ". Peine perdue !
Le roi d'Angleterre, Edouard III, fatigué de rendre " hommage " au roi de France pour les biens qu'il possédait sur notre continent, se proclama roi de France lui aussi. Philippe VI releva le gant : la guerre de Cent Ans commençait (1337-1453).
De plus, la Bretagne était indépendante : l'union ne fut réalisée qu'à la mort de la reine Claude (fille d'anne de Bretagne et de Louis XII), épouse de François 1er , par requête des Etats de Bretagne, le 4 août 1532. Aussi, la guerre de Cent Ans, déjà pesante, s'alourdit en Bretagne de rivalités de la famille de Penthièvre et de Montfort qui, toutes deux, prétendaient à la couronne ducale.
Au cours du XIV e siècle, Jean V, duc de Bretagne, en conflit avec Marguerite de Clisson, duchesse de Penthièvre, invita l'amiral anglais Edmond, comte de Kent, à le venger. Les Anglais débarquèrent aussitôt dans l'île Lavret : le château fort fut pris, malgré ses " bombardes " qui tonnaient à tout rompre ; les maisons furent incendiées, les gens massacrés, et les défenseurs pendus aux ailes du moulin du nord, Creac'h ar Pot (1409). Mais l'amiral y laissa sa tête et les corsaires malouins vengèrent les pauvres Bréhatins… L'île resta déserte pendant 30 ans (les Anglais furent inhumés dans le cimetière de Lavret).
En 1420, lors de la confiscation du Penthièvre, Bréhat. Passa, avec le Goëlo dont il faisait partie, au comte Arthur de Richemond (frère du duc Jean V), qui le donna à sa fille Jaquette, laquelle, en 1566, le vendit à Sébastien de Luxembourg, gouverneur de la Bretagne.
En 1504, Terre-Neuve fut explorée par d'audacieux matelots bretons. Les Bréhatins, très bons marins, étendirent bientôt jusqu'en Islande leur territoire de pêche ; ils eurent même, à ce propos, maille à partir avec les moines de Beauport qui leur rappelèrent " qu'en vertu d'un accord, ils devaient la dîme sur tus poissons, pris aussi bien an Islande qu'à Terre-Neuve, où ils avaient coutume d'aller depuis 40, 50 et 60 ans ". On les rencontrait, dit-on, jusque sur les rivages du Labrador, bien avant Christophe Colomb (1492-1498). Or, en 1484, le corsaire Coatanlem, d'origine bréhatine, quittait la Bretagne à la suite d'une affaire où il avait fait prisonniers des marins anglais de Bristol et s'établissait à Lisbonne ; il s'y rencontrait avec Christophe Colomb, lui révélait l'existence du Nouveau-Monde et lui en indiquait la route. Notons qu'aux VIII e et IX e siècles les Norvégiens avaient atteint le Groenland et la côte orientale de l'Amérique du Nord.
Pis, vinrent les guerres de Religion (1589-1598), plus politiques, au fond, que religieuses, où la Ligue se dressa contre Henri de Navarre, héritier présomptif de la couronne de France…et protestant. En Bretagne, le duc de Mercoeur, chef de la Ligue, s'installa dans Bréhat et releva le château fort (1590). L'année suivante, le général anglais Norris, partisan du futur Henri IV, débarqua dans l'île et pendit les résistants aux ailes du moulin sud, Creac'h Tarek. De nouveau, les Ligueurs se portèrent au secours de Bréhat : pillages et tueries commencèrent ; les Espagnols alliés tinrent même garnison et s'entourèrent d'un retranchement au lieu-dit " Bec per ar Ouen ", qui est à l'entrée du Port-Clos la presqu'île de droite parallèle au Goaréva, à gauche ; on l'appelle parfois " la point des Espagnols ". Ces soudards ne se gênèrent pas… Et quand la reine Elisabeth envoya d'Angleterre des renforts pour déloger les Espagnols, les Bréhatins ne furent pas épargnés ; l'île, une fois de plus, se vit quasi dépeuplée.

Sous le roi Louis XIII
L' époque du roi Louis XIII (1610-1643) semble avoir été plus paisible. Sur le plan religieux, Bréhat devint une " succursale " (on dit maintenant " desserte "), une " trêve " de l'abbaye de Beauport en Kérity (près de Paimpol), où les Pères Prémontrés acceptèrent d'assurer le culte ; ainsi, jusqu'à la Révolution, le " recteur " du prieuré de Bréhat touchait la portion " congrue " (convenable), et le tiers de la dîme que le duc de Penthièvre percevait à la " douzième gerbe ". Le recteur avait, de plus, une chapellenie, Kéranroux (île nord), dépendant de l'évêché de Dol : sa paroisse embrassait en outre l'île Béniguet.

Sous le règne de Louis XIV (1643-1715), Vauban, ingénieur militaire et maréchal de France, recommanda, dans une lettre datée de Brest (1er juin 1695), de fortifier, pour la défense des côtes, Paimpol et Bréhat. Il y fit installer une batterie côtière et relier les deux tronçons de l'île par une chaussée, le Pont ar Prad (Pont de la pairie), ou " Pont Vauban ".
Bientôt des rivalités s'élevèrent entre la France et l'Angleterre, qui devaient accabler lourdement les peuples et notamment les régions côtières . Bréhat dut encore payer tribut. Mais, cette fois, les Bréhatins se distinguèrent dans la guerre " de course " et s'avérèrent de hardis " corsaires " : les capitaines Corouge et Lambert (pour ne citer qu'eux) sont encore célèbres dans l'île. En effet, les chaloupes anglaises venaient croiser à l'entrée du Sillon du Talberg, et s'efforçaient de capturer ou de couler bas les moindres bateaux de pêche qui osaient prendre la mer.

Sous Louis XV (1715-1774), les choses allèrent de mal en pis. La guerre de Succession d'Autriche (1741-1748), puis la guerre de Sept Ans (1756-1763) aggravèrent la misère des gens de l'île, tant par la pénurie où chacun fut réduit, que par la charge écrasante de la " presse " (enrôlement forcé dans la marine militaire) qui décimait sans répit les populations maritimes.
C'est en 1720, qu'un Anglais de Guernesey, Brocke, enseigna aux pêcheurs Bréhatins comment on capturait les homards à l'aide de " casiers ". Ce fut à l'époque une affaire d'or !
Au début du règne de Louis XVI (1774-1793), un Bréhatin, l'amiral Cornic, qui avait aménagé le Port-Clos, fut chargé par le Gouvernement de rendre plus accessible l'entrée de la rade de Morlaix.
Pendant la guerre d'Amérique (1774-1783), où la participation française (La Fayette) fixa la victoire et l'indépendance américaine, les frégates anglaises avaient fort à faire pour se protéger contre les terribles corsaires malouins. Bréhat, fortifié, servait alors de point d'appui au système de défense : il y avait des batteries d'artillerie au Pann, aux îles Morbic, Lavret, Raguenès et Logodec ; chacun veillait, dans la crainte d'un débarquement anglais, comme cela s'était produit dans l'île Saint-Riom (au large de Pors-Even) où tout avait été rasé.
La frégate l'Oiseau, après un violent combat contre des vaisseaux anglais, en mars 1781, n'eut que le temps de se réfugier dans le port de la Chambre, sous la protection des canons de Logodec.

Sous la révolution
La Révolution de 1789 n'arrangea point les affaires de Bréhat ni des guerres du Consulat (1799(1804), ni celles de l'Empire (1804-1815). En 1805, un détachement de cavalerie, qui avait eu le malheur de perdre son étendard, fut mis à pied dans l'île et condamné à coucher tout un hiver sous la tente, au milieu de la plaine battue par les vents du nord, là où s'élève aujourd'hui la villa du poète Haraucourt.
Sur un autre plan, ce fut une période glorieuse pour nos armes. Il fallait protéger les côtes sans cesse menacées par les croisières anglaises de la Manche. La défense était assurée par des détachements de troupes de ligne et des canonnières garde-côtes ; Bréhat...

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