Arcouest
Bourg
Brocante G. Mével
Camping
Chaise de Renan
Chapelle Kéranroux
Chapelle Saint-Michel
Chemins de l'île
Corderie (port de la)
Croix de Maudez
Ferlès
Ile Lavrec
Ile Logodec
Kerpont
Maisons de charme
Moulin du Birlot
Moulin île Nord
Moulin île Sud
Palmiers
Phare du Paon
Phare du Rosédo
Plage du Guerzido
Pont Vauban
Port-Clos
Sémaphore
Tour Blanche
Verreries et citadelle
Vedettes d'aujourd'hui
Vedettes d'autrefois
Végétation de l'île



Mesure audience

L'essentiel des textes qui suivent proviennent des Archives Départementales de Saint-Brieuc. Certains, d'apparence ressemblants, s'avèrent être complémentaires. Pour que l'appétit des plus curieux soit satisfait…
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.....Recherches réalisées en coopération avec Martine Cavalec
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... ILE DE BREHAT (doc 1)
Historique
.....Abri sous Roche
.....Abri sous Roche Préhistorique
.....Kervarabès
.Croix Mérovingienne
.....Vestiges de la chapelle Saint-Riom
.....Moulin du Nord
.....Moulin de Krec'h-Tarek
.....Linteau
.Moulin à marée du Birlot
.....Pont Ar-Prat
.....Croix de Kerano
.Eglise Notre-Dame ( Chœur, Pierres
.....Tombales, Maquette de bateau
.....Vierge au Rosaire)
.Maison du corsaire Corouge
.....Maison Cornic
.....Socle de Croix
.....Guérite et batterie
.....Poudrière
.....Chapelle Saint-Michel
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Croix de Modez
....Chapelle de Keranroux
....EX-VOTO

Fort
....Abri du canot du sauvetage
....Phare

....ILE DE BREHAT (doc 2)
Généralités
Les édifices
L'île et les îlots
Classement de site

Succession des principaux évènements
Les personnages célèbres

....ISLE DE BREHAT (doc 3)
Généralités

Quelques mots d'histoire.
Au Moyen Age
L' époque du roi Louis XIII
....Sous le règne de Louis XIV
....Sous Louis XV
La Révolution

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La guerre de 1914-1918..
....Celle de 1939-1945

Le Bréhat d'aujourd'hui
....L'île Lavret
Le paléolithique de l'île de Bréhat
.....Marées et courants
Historique
Eclairage et balisage
Commerce
....Bibliographie
L'homme de néandertal dans la région de ....Paimpol

.... LES PREMIERS SIECLES ....DE BREHAT
Préhistoire
Période Romaine
Moyen-Age

..." Le Mystère" Khan

Une affaire d'espionnage à Bréhat
 

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ILE DE BREHAT (Doc 1)
Canton de Paimpol
Arrondissement de Saint-Brieuc
Superficie : 310 ha
Population en 1990 : 446 hab
Habitants : les Bréhatins
Origine du nom : peut-être du gaulois briga, hauteur

Blason : ce sont les armes des seigneurs de Bréhat, Arthur Brécart et Jacqueline de Bretagne, fille bâtarde du comte de Richemont, duc de Bretagne sous le nom d'Arthur III. Les hermines symbolisent la Bretagne et la barre indique cette bâtardise.

Historique
Le territoire de l'archipel, autrefois rattaché au continent, est habité dès le Paléolithique , comme l'attestent les fouilles menées au Goaréva. L'île Lavrec conserve de nombreuses traces d'occupation humaine du Néolithique jusqu'au Moyen Age, notamment un bâtiment Romain, pourvu d'un système de chauffage, et un cimetière mérovingien et carolingien. Sur cette île, au monastère fondé en 470 par saint Budoc, aurait été éduqué saint Guénolé, fondateur de l'abbaye de Landévennec (Finistère). D'autres îlots autour de Bréhat, comme Modez, l'île Verte et Saint-Riom, ont connu également une implantation religieuse. Au Moyen Age, Bréhat est une châtellenie du comté de Penthièvre. En 1409, l'amiral anglais Edmond de Kent débarque à Bréhat, rase le château et massacre ses défenseurs comme ses habitants. Les Bréhatins se lancent très tôt dans la pêche à la morue dans l'Atlantique. La légende prétend même qu'un corsaire morlaisien basé à Bréhat, Jea
n Coatenlem, aurait indiqué à Christophe Colomb la route du Nouveau Monde. Pendant les guerres de la Ligue en 1591-1592, l'île-de-Bréhat est de nouveau envahie par les Anglais. Elle devient commune en 1790. Aux XVIII e e-XIX e siècles, c'est une importante place maritime et militaire, dont sont issus de nombreux corsaires et marins, comme Corouge, Lambert, ou les amiraux Cornic et Le Bozec. Le tourisme s'y développe dès la fin du XIX e siècle et l' île attire des artistes célèbres : Ernest Renan, Anatole Le Braz, Marc Chagall ou Foujita, qui laissent des traces de leur passage.

Abri sous Roche
Vers 40 000 av. J-C
Granit (h :12m)
Le Goaréva
Cet abri sous roche, typique des abris en pied de falaise marine armoricains, atteste la variation du niveau de la mer au cours des siècles. A marée haute, le pied de cet abri est en effet recouvert par plus de 4 mètres de mer. Au moment de son exploitation, Bréhat n'était pas une île : le niveau de la mer était donc bien plus bas. A la base du rocher exposé plein sud, il devait y avoir une hutte aménagée à l'aide de peaux et de branchages. Les chasseurs qui vivaient là bénéficiaient, avec la falaise, d'un poste d'observation privilégiée pour guetter leurs proies. L'outillage retrouvé a été taillé dans le silex, mais aussi dans des roches locales : la dolérite, qui est une roche volcanique grise dont un filon affleure à proximité, le microgranit, le tuf et le quartz. C'est une industrie lithique où les encoches et les denticules sont nombreux. Des traces d'ossements ont pu être identifiées comme de probables morceaux de dents de mammouth. D'autres sites ont été localisés dans les environs.

Abri sous Roche Historique
Vers 23 000 av. J.-C.
Kervarabès
Ce campement du Paléolithique supérieur, parmi les plus riches de tout l'ouest de la France, est précisément situé à quelques mètres de la résidence de l'écrivain Edmond Haraucourt, auteur en 1914 d'un roman sur la préhistoire Daâb le premier homme. Deux zones d'habitat, dont l'une est déjà érodée par la mer, ont été repérées et fouillées. Plusieurs huttes ou cabanes existaient à cet endroit, dont l'une adossée à la paroi d'un rocher. Diverses structures de pierres utilisées notamment comme calages, ont été mises en évidence, qui attestent une organisation spatiale intéressante. Certains galets semblent avoir été chauffés, même si l'on ne peut parler avec certitude de foyers proprement dits. L'outillage est en grande majorité en silex, mais des roches locales comme la dolérite, le grès et même le granit ont été également utilisées. Cette industrie lithique comporte beaucoup de burins, ce qui prouve que les chasseurs collecteurs locaux, environ une vingtaine, devaient tailler l'os et l'ivoire. L'acidité du sol a cependant éliminé ce type de vestiges.

Croix Mérovingienne
Haut Moyen Age
Granit (200 x80 cm)
Port-Clos
Cette croix latine provenait du cimetière de la chapelle de Lancerf, dans la commune de Plourivo, qui comptait d'autres croix du même type. Une urne en terre cuite et des débris d'ossements et de poterie étaient enterrés à son pied ; ils ont été également transférés à Bréhat.
Depuis, cette croix Mérovingienne, avec la contribution de monsieur Jean-Luc Le Pache aujourd'hui premier adjoint au maire de Bréhat, a été renvoyée sur son lieu d'origine.

Vestiges de la chapelle Saint-Riom
Granit
Saint-Riom
La chapelle Saint-Riom, située sur un site religieux dès le XII e siècle, est associée aux lépreux. Une auge en granit encore visible aurait servi à leur baptême. En outre, une maladrerie et un cimetière pour lépreux se seraient trouvés à côté au Moyen Age. Pendant la Révolution, en 1794, la chapelle est vendue comme bien national mais ne trouve pas acquéreur. A la même époque, elle sert de magasin militaire.

Moulin du Nord
Vers le XIVème début XVème siècle
Granit de Bréhat
Krec'h-ar-Pot
C'est le plus ancien moulin de l'île-de-Bréhat. Lorsque les Anglais débarquent à Bréhat en 1409, les défenseurs auraient été pendus à ses ailes. La première trace écrite de sa présence se trouve dans un aveu du Seigneur de Bréhat, François Brécart, datant de 1539. Il appartient ensuite par héritage au duché de Penthièvre jusqu'à la Révolution. Sa production est quatre fois supérieure à celle du moulin à marée du Birlot. Il s'arrête cependant de tourner environ quarante ans avant ce dernier, en 1881. Ce moulin, aujourd'hui transformé en résidence secondaire, n'a plus le toit mobile qui permettait d'orienter ses ailes dans le sens du vent, et on lui a même adjoint une petite cheminée. Son architecture est très semblable à celle du moulin à vent de Krec'h-Tarek, quoique de dimensions supérieures.

Moulin de Krec'h-Tarek
1632
Granit gris et rose
Krec'h-Tarek
L'architecture de ce moulin est tout à fait semblable à celle des autres moulins à vent de la région paimpolaise, avec une tour ronde dont le diamètre à la base est plus faible que le diamètre du tiers supérieur du bâtiment. En effet, trois niveaux se superposaient dans ce moulin, avec une cheminée aménagée dans l'épaisseur du mur au niveau supérieur. Le meunier qui y travaillait était le m^me que celui du moulin à marée situé à proximité, ce qui lui permettait de faire de la farine quelles que soient les conditions. Le moulin à vent de Krec'h-Tarek est le premier des trois moulins de Bréhat à arrêter son activité, en 1810. Selon certains, le physicien italien Guglielmo Marconi (1874-1937) y aurait installé un pylône métallique pour faire des essais d'ondes hertziennes.

Linteau
1611
Granit
Porche
Maison Fleury
Le porche taillé en arc surbaissé porte, en plus de la date, la menton gravée : " Colin Floury m'a fait faire ". La famille Fleury, ou Floury, est l'une des très anciennes familles bréhatines. Beaucoup de maisons possèdent un linteau daté, parfois avec le nom du premier propriétaire ou ses initiales. La date de 1611 est la plus ancienne relevée dans l'île dans une maison et sur une pierre d'origine.

Moulin à marée du Birlot
1632-1638
Granit gris de Bréhat et granit rose (8,20 x 11 x 9,60m)
Le Birlot
Une centaine de moulins à marée a existé le long des côtes de Bretagne, mais celui du Birlot est l'un des seuls encore en état. Jusqu'à la Révolution, c'est un moulin banal appartenant au duché de Penthièvre. Divers propriétaires se succèdent ensuite. Les derniers meuniers arrêtent leur activité vers 1920,quand un nouveau boulanger vient s'implanter à Bréhat et importe la farine du continent. Avant de partir, les meuniers cassent la roue, le mécanisme et les meules, probablement pour éviter de payer la taxe due sue les moulins en état de fonctionner.

Pont Ar-Prat
1694-1695
Granit
Autrefois, la mer circulait librement entre les deux îles qui forment aujourd'hui l'île-de-Bréhat proprement dite, mais qu'on appelle encore l'île sud et l'île nord. On a pu parler à une époque des " isles de Bréhat ". A marée haute, le passage entre les deux îles était impossible en charrette. Le pont est construit pour y remédier. Il est parfois appelé " pont Vauban ", parce que le célèbre maréchal de France aurait donné l'ordre de le construire, même s'il n'est probablement jamais venu à Bréhat.

Croix de Kerano
Vers 1642
Granit orangé (49 x 195 cm)

Route de l'île nord
La tradition locale rapporte que cette croix aurait été dressée à la suite d'une mission du bienheureux père Maunoir à Bréhat en juillet 1642. Le dimanche avant Pâques, les rameaux sont bénis au pied de cette croix puis une procession à relie à l'église paroissiale.

Eglise Notre-Dame
XVII-XVIII siècles
Granit
La date de 1651, inscrite sur un pilier de la nef sud, atteste de début de la construction de l'église, mais elles succède à un édifice plus ancien, probablement du XII_me siècle. Le clicher-mur, dit de type lannionais, date de 1658 pour la partie basse et de 1770 environ pour la partie haute. L'ancienne mairie, le presbytère et l'église sont accolés les uns aux autres pour des raisons de solidité, le terrain du bourg sur lequel ils sont bâtis étant réputé peu stable. On accède donc à l'église par le porche sud, daté de 1700, en pénétrant dans l'ancien cimetière.

Chœur
Seconde moitié du XVII e
Sculpteur : Olivier Martinet
Tuffeau et marbre
Eglise Notre-Dame
Le retable de type lavallois comprend un tableau représentant la Crucifixion, avec Marie Madeleine au pied de la croix, œuvre du Paimpolais, C. Hamonic. Devant, l'aigle-lutrin du XVIII e siècle viendrait d'Angleterre. A gauche du chœur, lorsque le mur a été décrépi, une cache a été découverte, qui renfermait un crâne, peut-être celui d'un marin mort en mer, ou encore d'un ouvrier décédé lors de la construction de l'église.

Pierres Tombales
XVIII e siècle
Granit
Porche
Eglise Notre-Dame
Trois des quatre pierres tombales qui constituent une partie du pavement du porche de l'église appartiennent à la famille Fleury : Catherine, morte en 1771, Emile Canne en 1781, Jeanne-Françoise en 1781 également et son fils, Pierre-Marie en 1771. La quatrième pierre est difficile à déchiffrer mais elle est probablement de la même famille. Elle porte, comme celle d'Emile Canne Fleury, une tête de mort et des tibias entrecroisés, symbole des corsaires. Ces pierres marquent l'emplacement de véritables sépultures et confirment l'importance de la famille Fleury, dont l'architecture de l'île garde encore la trace sur les linteaux de maisons des XVII e et XVIII e siècles. Une autre pierre tombale, en provenance du cimetière, qui associe curieusement le signe de la croix et le terme de citoyenne, a été dressée à l'entrée du porche.

Maquette de bateau
XVIII e e siècle
Bois(130 x 150 m)
Eglise Notre-Dame
Cette maquette représente une frégate, le Keder mor, coursier des mers, qui devait mesurer en 30 et 40 mètres et disposait de trent-huit canons de calibre 8. Longtemps suspendue à la voûte de l'église, elle est un don de l'amiral Cornic, qui avait souhaité qu'elle soit remise à l'église après sa mort. Il décède en 1801 et son fis, Yves François Cornic, se charge d'exaucer ce vœu. Il s'agit probablement de la reproduction d'un bateau, peut-être qu nom différent, commandé par l'amiral. Autrefois, le 15 août, le bateau était porté en procession, par quatre marins, à la chapelle de Keranroux.

Vierge au Rosaire
XVIII e siècle
Huile sur toile(130 x 220 cm)
Eglise Notre-Dame
La Vierge Marie confie le rosaire à sainte Brigitte et à saint Simon Stock, religieux anglais à qui, dans une vision, la Vierge aurait remis un scapulaire.

Maison du Corsaire Corouge
1721-1723
Granit
Grève de l'Eglise
Cette maison, qui possède une tour à l'arrière, fut habitée par les corsaires Corouge et Lambert. Les moellons de granit utilisés pour sa construction sont si gros qu'ils auraient souvent pu servir de linteaux dans d'autres bâtisses.

Maison Cornic
1735
Granit
Krec'h-Tarek
Cette demeure serait la maison natale de l'amiral Pierre-François Cornic, né le 13 juillet 1731. Il est très possible qu'elle ait été agrandie postérieurement à sa naissance, comme l'indique la date gravée de 1735. Cornic commence à naviguer à 9 ans et poursuit sa carrière comme officier dans la marine marchande et royale. Il sera même corsaire. Il est élu en 1790 premier maire de Bréhat, mais démissionne rapidement parce que cette fonction est incompatible avec se qualité d'officier militaire d'arrondissement des classes de marine. E 1793, il demande à reprendre du service et est nommé capitaine de vaisseau, puis il est promu très rapidement contre-amiral. En 1795, il est commandant des forces navales entre l'Aber-wrac'h et Calais et réside à Saint-Malo (Ille-et-Villaine). Il est même vice-amiral pendant quelques jours, le Directoire ajournant le 24 brumaire cette promotion. En, 1798, il est réformé pour incivisme, après avoir connu le sérieux démêlés avec le pouvoir. Il meurt le 11 avril 1801, dans la maison voisine , Kerval. Il est le père du capitaine de vaisseau Yves François Cornic, qui est maire de Bréhat dans la première partie du XIX e siècle.

Socle de Croix
1752
Granit(190 x 90 x 200 cm)
Keranroux
Le socle était surmonté jusqu'à 1975 d'un christ en bois, victime à cette date d'un acte de vandalisme. La croix est alors remplacée par une simple croix en bois. Le socle est sculpté des motifs suivants : au nord la date, au sud deux torsades entremêlées, à l'est un arbre et à l'ouest un cœur. Les deux derniers motifs et la moulure du socle se retrouvent sur un calvaire du cimetière de Lézardrieux, transféré d'une ancienne chapelle.

Guérite et batterie
XVIII e
Granit
Feunteun-Vin
La batterie de Feunteun-Vin fait partie des fortifications - au nombre de sept pendant la Révolution- qui protégeait les côtes de Bréhat. La guérite située à côté peut avoir connu une double utilisation : d'abord militaire, elle sert ensuite pour les besoins de la douane au XIX e siècle, à une époque où la contrebande était florissante à Bréhat.

Poudrière
XVIII e siècle
Granit(2,70 x 3,30 m)
Roc'h-Née
Cette poudrière de petite taille, utilisée pendant la Révolution, était située entre deux batteries qui servaient à défendre la côte nord de Bréhat : celle du Rosédo et celle du Hoborg. Les poudrières sont toujours situées dans des endroits où elles ne sont pas dangereuses, comme celles-ci, isolée en bord de mer.

Chapelle Saint-Michel
Fin du XVIII e siècle-1860
Kermuguel
La chapelle est située sur le point culminant de l'île, à 33 mètres au-dessus du niveau de la mer, à côté d'une croix du XVIII e. Beaucoup d'édifices dédiés à l'archange saint Michel ont été ainsi bâtis sur des points élevés. Par ailleurs, son toit en tuiles couleur orange set d'amer pour la navigation. La chapelle est utilisée pendant la Révolution comme corps de garde et magasin à poudre : le bâtiment attenant est probablement construit à cette époque comme dépôt des ustensiles des batteries. Un mât de pavillon, un canon réformé et un brasier tenu prêt servent de système de signaux, une ancienne forme de communication. Au début, on se contente d'allumer le brasier afin de prévenir les corps de garde voisins, qui transmettent eux-mêmes le signal aux suivants. Un système plus précis de pavillon, de flammes et de coups de canon est ensuite établi. Il permet aussi d'éviter la confusion avec de simples feux nocturnes sur le continent.

Croix de Modez
1788
Granit(H :220cm)
Cette croix de Modez se trouve face à l'île éponyme. Sur le croisillon chanfreiné qui la coiffe, elle porte un cœur à l'intérieur d'une couronne, symboles qu'on retrouve sur une autre croix, à Perros-Hamon. La Légende raconte qu'au VI e siècle, saint Modez serait venu évangéliser Bréhat. Les Bréhatins auraient appelé le diable pour le chasser et le saint serait parti dans une auge de pierre, prouvant ainsi la puissance de son Dieu. Après avoir été frappés de tous les maux, les Bréhatins auraient demandé au saint homme de revenir et lui auraient construit une croix.

Chapelle de Keranroux
1860
Granit
Keranroux
La chapelle actuelle succède au XIX e siècle à un bâtiment plus ancien situé tout près. La chapellenie est rattachée à la paroisse en 1700. Avant 1789, elle était desservie par les récollets de l'île Verte. Elle est vendue comme bien national, aux enchères, en 1795 puis rachetée par les habitants. La chapelle conserve une statue de Notre-Dame de Keranroux, cachée par les paroissiens à la Révolution sur l'îlot de Roc'h-ar-Velen, dans l'anse de la Corderie. Une prière particulière est associée à cette chapelle : " Notre dame de Keranroux, Ordonnez au vent de souffler en tempête, Pour que personne ne vienne de la grande terre, Manger nos frères et nos pois verts ". Cette prière, peu chrétienne, semble avoir été motivée par le fait que les gens du continent venaient, le jour de la fête de la chapelle, voler les jardins des Bréhatins en profitant de leur absence.

EX-VOTO
Vers 1900
Modéliste : Auguste Corret
Bois(L : 40 cm env.)
Chapelle de Keranroux
La présence de cette maquette de bateau de sauvetage, à voile et à rames, sur son chariot, n'est pas le fruit du hasard: la chapelle de Keranroux a toujours été la chapelle des marins. Nombreux sont les marins, perdus dans la tempête et voyant leur dernière heure arriver, qui firent le vœu de venir se recueillir dans cette chapelle s'ils en réchappaient. Jusqu'au début du Xxème siècle, certains marins, nu-tête et nu-pieds, viennent en pèlerinage à Keranroux. La chapelle conserve par ailleurs la liste des navires sauvés par les deux premiers canots de sauvetage de Bréhat, et un tronc fixé sur la porte d'entrée est consacré à la Société nationale de sauvetage en mer, associant en un même lieu le sauvetage des hommes et celui des âmes.

Fort
1863
Pierre(40,90 x 46,70m)
Le Goaréva
Ce fort constitué d'une tour centrale entourée de pièces à usage divers : casernement, prison, logements. Toutes les pièces, en pierre, sont voûtées ; pour éviter les incendies, le bois a été exclu des matériaux de construction. La terrasse est protégée par un garde-corps, avec une alternance de meurtrières, de canonnières et de bretèches, en encorbellement sur mâchicoulis, au-dessus des douves qui entourent l'édifice, désormais comblées à l'entrée. Un pont-levis mobile permettait l'accès au fort. Cette citadelle, qui n'a jamais subi l'assaut du feu, a longtemps servi de logement pour des familles de l'île.

Abri du canot du sauvetage
Vers 1880
Granit et tuile
Le Rosédo
Il s'agit là du premier abri du canot de sauvetage, officiellement remis à ses utilisateurs le 24 novembre 1880. La station de sauvetage de Bréhat, dépendant de la Société centrale de sauvetage des naufragés, est fondée en 1869. Le premier canot, le Notre-Dame-de-Keranroux, est construit par le chantier Augustin Normand. Il fonctionnait à la voile mais aussi et surtout à la rame par mauvais temps. La cale était dangereuse, et à marée basse, il fallait traîner le bateau sur près de 280 mètres. De plus, les canotiers habitaient loin. C'est pourquoi un second abri est construit dans l'île sud en 1889. Le premier canot de sauvetage à moteur n'apparaît à Bréhat qu'en 1925.

Phare
1947-1949
Granit rouge de Bréhat et de Ploumanac'h(4,5 x 8 x 6,4m)
Le Paon
Le phare actuel remplace un autre phare construit en 1853 et détruit par les Allemands en 1944, en même temps que celui du Rosédo. Le phare, aujourd'hui entièrement automatisé, est un feu fixe. Jusqu'en 1944, les derniers gardiens étaient des femmes, la mère puis la fille, qui habitaient la demeure située au pied du phare. Selon la légende, Mériadek, comte de Goëllo, avait deux fils : Gwil et Isselbert. Pour recueillir les biens de leur père, ils décident de le tuer. Celui-ci tente de s'enfuir dès qu'il a vent du complot. Les deux fils rattrapent leur père au Paon et l'assassinent. Mais en précipitant le cadavre à la mer, ils dont transformés en rochers, le sang de leur père donnant sa couleur au granit. Ainsi naît le gouffre de Paon. Les jeunes Bréhatines venaient autrefois là et lançaient une pierre dans le gouffre. Si la pierre tombait directement, elles se mariaient dans l'année, sinon elles devaient attendre autant d'années que de rebonds.

ILE DE BREHAT (doc 2)

Généralités:
Le nom-adjectif ethnique formé sur le nom de cette commune est bréhatin, mot employé dès 1591 (Rev. De Bret. Et de Vendée, 1880, 2è sem, p. 143). En breton, Bréhat se dit Briad ou, avec la mutation, Vriad (Enez-Vriad, l'île de Bréhat).
Les armes peintes en 1882, dans la salle du Conseil général de l'ancienne préfecture pour y représenter l'île de Bréhat étaient d'hermines à une barre de gueules. Ce sont les armes que le Nobiliaire et armorial de Bretagne de Potier de Courcy (2è éd., 1862) attribue, mais sans donner de référence, à la famille Brécart ou Bréquart. On y reconnaît les armes de Bretagne, avec une brisure (barre de bâtardise), qui évoquent le souvenir de Jacqueline de Bretagne, dame de Bréhat en 1450 et femme d'Arthur Brécart (voir plus bas). Ces armes furent employées par la commune à partir de 1975 (Mme Jouve-Quémarec dans les Echos de Bréhat, n° 35, janv.-mars 1975, p. 27)
La première mention de l'île semble se trouver dans une charte du prieuré de Saint-Martin de Lamballe, qui est aussi la plus ancienne pièce originale datée des Archives des Côtes-d'Armor : quadam insula quam Brihiacum vocant (1803). Il y avait des églises, donc sans doute des paroisses, à Bréhat et à Binivet dès 1198 (Anc.év., IV, 10). Les chartes du prieuré de Saint-Magloire de Léhon, en 1148, et celles de l'abbaye de Beauport, depuis sa fondation en 1202, contiennent généralement les formes Brihat et Brihiat.
Brihat es mentionné explicitement comme paroisse dès 1255. Cette paroisse insulaire, prieuré-cure de l'abbaye de Beauport, appartenait au diocèse de Dol sous l'Ancien Régime. Située à proximité des côtes des diocèses de Tréguier et de Saint-Brieuc, elle était considérée comme enclavée dans ce dernier diocèse.
La paroisse de Bréhat ou de l'isle de Bréhat devint une commune lorsqu'elle élut sa première municipalité le 8 février 1790. Le nom officiel de cette commune fut L'Ile-de-Bréhat selon l'arrêté des Consuls en date du 5 brumaire an X (27 oct. 1801), Ile de Bréhat depuis le décret du 31 décembre 1886, authentifiant le dénombrement, et enfin Ile-de-Bréhat à parti'de 1975. On dit aussi : commune de Bréhat. Cette commune, la seule du département qui ait des limites naturelles en tout point de son pourtour, n'a jamais subi de modification dans sa circonscription depuis son origine.

Les édifices:
Un seul monument de l'île est protégé au titre de la législation des monuments historiques :
1) la croix de Saint-Michel (XVIII e s.), inscrite sur l'inventaire supplémentaire le 22 mars 1930.
D'autres édifices anciens de cette commune méritent d'être signalés :
2) l'église Notre-Dame de Bonne-Nouvelle (XVII e -XVIII e s.). Une inscription de 1651 y rappelle la pose de la première pierre d'une chapelle. Le porche est de 1700 ; le clocher-mur, de 1658 (partie basse) et de 1770 environ (partie haute) ;
3) la chapelle de la Corderie (XVIII e s.), servant aujourd'hui à l'habitation ;
4) le presbytère (1658) ;
5) Le pont Vauban ou Pont-ar-Prat (XVII e s.), digue carrossable reliant l'île sud et l'île nord;
6) la croix du Port-Clos (haut Moyen Age), provenant du Lancerf en Plourivo ;
7) la croix de granit de Kerarguilis (vers XVI e s.)
8) la croix de Kerano (1642 selon la tradition qui l'attribue à la mission du P. Maunoir) ;
9) la croix de Crech Guen ou du Tertre Blanc (socle 1721) ;
10) le calvaire de Keranroux (socle 1752) ;
11) une petite croix (v. 1500), placée sur un pilier de porte au pied du sémaphore ;
12) la croix de Maudez (socle 1788) ;

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